NOUVELLES
25/11/2016 06:21 EST | Actualisé 26/11/2017 00:12 EST

Avions étrangers et Palestiniens à l'aide d'Israël face à des feux exceptionnels

Les avions étrangers et même les pompiers palestiniens sont venus en aide vendredi à Israël pour combattre une série exceptionnelle d'incendies qui ont poussé à l'évacuation de dizaines de milliers de personnes et causé des dégâts considérables.

Des Canadairs turcs, grecs, croates et deux Beriev be-200 géants russes sont arrivés pour participer avec les petits appareils israéliens au combat qui se poursuivait contre les flammes, ont indiqué les Affaires étrangères israéliennes. D'autres avions, de France, du Canada, d'Espagne et même d'Azerbaïdjan, étaient attendus.

Une vingtaine d'avions propageaient dans l'après-midi liquide et retardant contre un vaste incendie menaçant, dans les collines proches de Jérusalem, les petites localités de Maale HaHamisha et Nataf (centre), dont les habitants ont été évacués, ont indiqué les pompiers.

Non loin de là, des centaines d'habitants de Beit Meir, village coopératif religieux, avaient dû fuir les flammes dans la nuit. D'autres incendies ont été rapportés.

Tout Israël ou presque est confronté depuis quatre jours à des dizaines de feux de végétation favorisés par une extrême sécheresse et des vents forts. Les autorités soupçonnent qu'une partie d'entre eux sont criminels et pourraient être liés au conflit israélo-palestinien, non résolu depuis des décennies.

Cependant, les Palestiniens eux-mêmes sont venus dans la nuit à la rescousse, envoyant 41 pompiers et huit camions à Haïfa (nord) et à Beit Meir où, vision hors du commun, hommes du feu israéliens et palestiniens ont combattu les flammes côte à côte.

- Un bilan en suspens -

Haïfa, troisième ville d'Israël, avait été le théâtre jeudi d'évacuations massives de dizaines de milliers de personnes fuyant des murs de flammes de plusieurs mètres.

Vendredi, malgré la persistance de foyers résiduels, la situation était "sous contrôle", a dit à l'AFP un porte-parole de la police, Micky Rosenfeld.

Après avoir passé la nuit hors de chez eux, les sinistrés n'ont pas attendu l'autorisation officielle - délivrée vendredi - pour rentrer, constater les dégâts, et, pour beaucoup, remplir le coffre de leurs voitures et partir passer le week-end hors de la ville, où l'air était encore chargé de cendres et de fumée.

Des dizaines de maisons ont été entièrement détruites à Haïfa, selon les pompiers. Des centaines l'auraient été dans tout le pays cette semaine. Des dizaines de personnes ont été blessées, légèrement pour la plupart. Aucun décès n'a été rapporté.

Aucun bilan global des dégâts, humains, matériels ou environnementaux, n'a été dressé. L'ampleur des incendies a vite confronté Israël aux limites de ses moyens de lutte, suscitant des interrogations sur les leçons tirées du plus grave sinistre de l'histoire d'Israël, qui avait fait 44 morts à Haïfa en 2010.

Elle a aussi suscité la solidarité internationale. Il a rapporté qu'en plus de nombreux pays européens, l'Egypte et la Jordanie, deux seuls pays arabes à avoir fait la paix avec Israël, avaient offert leur assistance. Aucune confirmation n'a été obtenue en Egypte où la sensibilité de la population aux relations avec Israël est très grande. Plusieurs officiels jordaniens ont démenti.

Les Affaires étrangères israéliennes ont même remercié les Palestiniens.

- Indignation arabe -

Face au désastre, musulmans, juifs et chrétiens de Haïfa faisaient front commun. Dans les commerces, les transports, tous semblaient choqués et solidaires, refusant de laisser le soupçon d'une partie de l'opinion contre la minorité arabe abîmer la coexistence pacifique qui fait la spécificité de la ville.

Les propos de plusieurs officiels israéliens ont été largement interprétés comme mettant en cause les Arabes israéliens, qui représentent 17,5% de la population, ou les Palestiniens, avec lesquels ils sympathisent largement.

Les médias israéliens ont commencé à s'interroger sur le déclenchement d'une "intifada du feu", par référence aux soulèvements populaires palestiniens passés.

Au cours des derniers jours, 12 personnes ont été arrêtées, a dit M. Rosenfeld, porte-parole de la police sans plus de précision.

Il ne fait "aucun doute" qu'une "partie non négligeable" des incendies sont d'origine criminelle, a dit le Premier ministre Benjamin Netanyahu, sans les lier explicitement au conflit israélo-palestinien ou à une appartenance communautaire.

Mais il a promis "la plus grande sévérité" contre les auteurs. "Il y a un prix à payer pour les crimes qu'on commet, il y aura un prix à payer pour le terrorisme de l'incendie", a-t-il dit.

Les leaders de la communauté arabe crient au racisme et font valoir que les Arabes israéliens sont également touchés par les incendies.

bur-lal/hj