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24/11/2016 04:11 EST | Actualisé 24/11/2016 04:11 EST

Le Canada et la Chine coopèrent contre le trafic de fentanyl

Justin Trudeau et le gouvernement chinois vont accentuer leur "répression" contre le trafic de fentanyl et d'autres opiacés destinés au Canada, pays où ces drogues provoquent une explosion de surdoses mortelles, a annoncé jeudi la police fédérale.

"Les deux parties sont convenues de renforcer les mesures de répression coordonnées afin d'endiguer le trafic de fentanyl et d'autres opioïdes synthétiques", a indiqué la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans un communiqué.

Cette décision fait suite à une réunion à Ottawa entre le commissaire de la GRC, Bob Paulson, et le vice-ministre de la Sécurité publique de Chine, Chen Zhimin.

La vague de surdoses mortelles aux opiacés que le Canada connaît depuis un an constitue une véritable "crise nationale de santé publique" et l'"état d'urgence" pourrait être décrété, avait dit vendredi la ministre canadienne de la Santé Jane Philpott.

L'urgence s'explique par la prolifération d'opiacés, comme le fentanyl, un puissant sédatif. Ces drogues ont fait environ 2.000 morts au Canada en 2015 et un nombre de décès encore plus élevé est redouté en 2016.

La police fédérale a fait état de saisies récentes de fentanyl et de carfentanyl dans la région de Vancouver, sur la côte ouest du Canada.

"D'une puissance estimée 100 fois supérieure à celle de la morphine", selon la police fédérale, le fentanyl peut à l'état pur, avec "une dose d'à peine deux milligrammes (...) tuer un adulte". Le carfentanyl est de son côté 100 fois plus puissant que le fentanyl.

Le Canada et la Chine ont également signé un protocole d'entente visant à accroître leur coopération dans la lutte contre la criminalité, à l'occasion de la visite de Chen Zhimin.

De plus, "des discussions visant à donner un cadre officiel aux enquêtes conjointes s'amorceront la semaine prochaine" à l'occasion de réunions entre responsables des deux pays dans le cadre du groupe de travail Canada-Chine.

Ce groupe de travail a été lancé fin septembre lors de la visite au Canada du premier ministre chinois Li Keqiang, quelques semaines après une visite officielle du premier ministre canadien Justin Trudeau en Chine.