POLITIQUE
22/11/2016 05:43 EST | Actualisé 24/11/2016 04:02 EST

600 000$ pour les relations publiques du pont Champlain

La Presse canadienne

OTTAWA – La société d’État qui gère les ponts du Grand Montréal est lié à un contrat de près de 600 000$ à la firme Casacom pour faire face aux crises semblables à celles de la « superpoutre ».

Les Ponts Jacques-Cartier Champlain Inc. (PJCCI) a attribué un mandat d’une valeur de 586 375 $ à l’agence de relations publiques en juillet 2015 pour trois ans avec l’option d’ajouter une année optionnelle.

casacom

De ce montant, 60 900 $ étaient consacrés à la refonte du site web consacré aux ponts Jacques-Cartier et Champlain. Afin de faciliter les déplacements dans la région montréalaise, le site fait état de la circulation en direct et de la planification des travaux sur une période de sept jours.

Un montant non identifié est également prévu dans l’éventualité d’une crise, comme l’installation de la fameuse « superpoutre » en 2013 ou encore l’accident de travail sur le pont Champlain l’an dernier qui a coûté la vie d’un travailleur, explique la directrice des communications de PJCCI Julie Paquet.

pont champlain

La société PJCCI gère les ponts Champlain et Jacques-Cartier. (Photo : PC)

« C’est un peu dans cette optique-là qu’on a besoin, s’il y a un évènement un peu extraordinaire, qu’on ait les ressources en place pour nous épauler », dit-elle, ajoutant que les crises sont « malheureusement rarement prévisibles ».

Si la société PJCCI est une entité indépendante du gouvernement, elle doit néanmoins rendre des comptes au Parlement par l’entreprise du ministre de l’Infrastructure et des Collectivités Amarjeet Sohi.

Elle est responsable des structures suivantes :

• Pont Champlain

• Pont Jacques-Cartier

• Pont Honoré-Mercier (section fédérale)

• Tunnel de Melocheville

• Autoroute Bonaventure (section fédérale)

• Autoroute 15 (section fédérale)

• Estacade du pont Champlain

• Pont de l'Île-des-Sœurs

• Technoparc

27 M$ en relations publiques

Le gouvernement fédéral a dépensé près de 27 millions $ en contrats de relations publiques depuis son entrée au pouvoir pour sa promotion à l’étranger et des consultations publiques, entre autres.

Au total, les ministères, organismes et sociétés d’État ont octroyé 26 897 327,82 $ à des firmes de communications externes du 4 novembre 2015 au 19 septembre 2016, selon les calculs du Huffington Post Québec.

Ce chiffre pourrait être plus élevé, puisque le ministère des Ressources naturelles, par exemple, n’a pas été en mesure de fournir tous les contrats dans la période donnée. Seuls ceux du 1er janvier au 19 septembre 2016 ont été pris en compte dans ce montant.

Parmi les ministères qui ont dépensé le plus, on retrouve Affaires mondiales Canada – qui englobe les Affaires étrangères, le Développement international et le Commerce international – ainsi que le ministère la Santé qui ont déboursé quelque 1,2 million $ chacun pour des contrats de relations publiques.

robert lepage

Ottawa a octroyé 2000$ pour une soirée pour Robert Lepage. (Photo : Getty)

Affaires mondiales Canada a dépensé un total de 1 226 995,71 $ pour 119 contrats dont la majeure partie servait à faire la promotion des artistes canadiens à l’étranger. D’autres mandats font état de l’organisation de sommets économiques, de la participation du Canada à des conférences aux États-Unis ou en Europe.

Le gouvernement fédéral a déboursé 23 399,87 $ à la firme israélienne Ben Horin & Alexandrovitz pour assurer la « préparation, mise en œuvre et le suivi » de la mission en Israël de la première ministre ontarienne Kathleen Wynne et de sa délégation ce printemps.

Ottawa a également octroyé la somme de 2 000 $ en novembre 2015 pour une soirée de projection de trois films de Robert Lepage organisée par le Centre culturel canadien à Paris, en présence du réalisateur.

Des consultations coûteuses

D'autres ministères ont dépensé des centaines de milliers de dollars pour mener des consultations sur des politiques, comme c’est le cas pour l’Agence canadienne d'évaluation environnementale qui a donné un contrat de 331 844,28 $ à la firme Hill+Knowlton pour la revue des procédures d'évaluation environnementale.

Quant au ministère de la Santé, on retrouve un contrat de 145 167,71 $ à la firme Earnscliffe pour lancer des « groupes de discussion exploratoires sur la marijuana ». Une somme de 81 416,50 $ a également été consacrée à la firme de sondage Ekos pour un « sondage de référence sur l’usage de la marijuana à des fins récréatives ».

Le gouvernement Trudeau déposera un projet de loi pour légaliser la marijuana au printemps 2017. Mais un groupe de travail mené par l’ancienne ministre libérale Anne McLellan a consulté la population pour répondre aux interrogations les plus pressantes. Son rapport devrait être publié d’ici la fin du mois.

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Un projet de loi pour légaliser la marijuana sera déposé au printemps. (Photo : Getty)

Mais la recherche de l’opinion publique ne s’arrête pas là. Des sondages et des groupes de discussion sur la normalisation des paquets de cigarettes ont coûté 245 949,70 $ aux contribuables et ce, alors que la ministre de la Santé Jane Philpott a déjà annoncé son intention de forcer les cigarettiers à utiliser des paquets neutres.

Du côté de Services publics et Approvisionnement Canada, le ministère a mené des consultations et a sondé la population sur la future utilisation de l’édifice patrimonial qui servait d’ancienne ambassade américaine à Ottawa – pour un total de 135 035 $.

Le fédéral proposait six utilisations pour l’immeuble situé en face du Parlement, soit : une maison du Canada, un centre d’information de la capitale, une galerie d’art, des installations culturelles autochtones, un centre d’interprétation du Parlement ou un musée.

La consultation publique, terminée depuis le 9 septembre, devrait donner lieu à un rapport définitif qui sera rendu public d’ici la fin de l’année 2016.

Des montants « excessifs »

La Fédération canadienne des contribuables (FCC) trouve qu’il est « excessif » de dépenser un total de 27 millions $ pour des contrats de communications à l’externe.

Carl Vallée, directeur de la section québécoise de la FCC, est d’avis que la plupart des tâches en relations publiques « devraient normalement pouvoir se faire à l’interne ».

« Il existe des centaines et des centaines d’employés en communication au sein de l’appareil gouvernemental, des gens - bien souvent - qui sont compétents. Pourquoi alors ne pas utiliser ces ressources pour lesquelles les contribuables paient déjà? »

« Engager des firmes externes devrait être l’exception, et non la règle. L’actuel gouvernement libéral semble en avoir fait la règle. Ce sont les contribuables qui paient au bout du compte », déplore-t-il.

Dans une déclaration écrite, le secrétariat du Conseil du Trésor du Canada a répliqué que le gouvernement fédéral doit « occasionnellement » avoir recours à des firmes externes « lorsque les charges de travail fluctuent de façon imprévisible, pour acquérir une aptitude unique, ou pour combler des absences temporaires ».

« La fonction publique est munie d’excellents spécialistes en communication et nous continuerons de nous appuyer sur leurs compétences pour informer et impliquer les Canadiens », a ajouté la porte-parole Kelly James.

Pour voir la liste complète des contrats :

Contrats en relations publiques du fédéral by Le Huffington Post Québec on Scribd


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