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21/11/2016 04:44 EST | Actualisé 21/11/2016 04:59 EST

Val-d'Or: les leaders autochtones réclament une enquête judiciaire

Les leaders autochtones du Québec et plus particulièrement ceux de la région de Val-d'Or reviennent à la charge.

Les leaders autochtones du Québec et plus particulièrement ceux de la région de Val-d'Or reviennent à la charge et réclament à hauts cris une enquête judiciaire provinciale sur les relations entre Autochtones et services policiers au Québec.

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard, a vigoureusement dénoncé, lundi en conférence de presse à Montréal, le refus du premier ministre Philippe Couillard de tenir une telle commission.

Il lui a reproché de se cacher derrière la commission d'enquête fédérale sur les femmes autochtones disparues et assassinées et de céder du même coup ses pouvoirs et sa juridiction à Ottawa.

Tous les représentants présents se sont dits d'avis que, de toute façon, le problème était beaucoup plus large que celui de Val-d'Or et certainement trop vaste pour que la commission fédérale puisse en traiter avec crédibilité.

S'appuyant sur le rapport de l'observatrice indépendante Fannie Lafontaine, qui a analysé le travail d'enquête du Service de police de la ville de Montréal sur les allégations d'agressions sexuelles par des policiers de la Sûreté du Québec, ils ont affirmé qu'une enquête permettrait de confirmer l'existence d'une discrimination et d'un racisme systémique, tel que soulevé par Me Lafontaine.

Selon eux, la réconciliation proposée par le ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, n'est possible qui si le gouvernement accepte de reconnaître le problème de racisme systémique, ce qu'il a refusé jusqu'ici.

Quant à la table de concertation proposée par le ministre Kelley, les leaders autochtones l'ont rejetée d'emblée, affirmant qu'il fallait d'abord faire la lumière sur la situation avec une commission d'enquête.

Un mouvement de mobilisation pour réclamer la commission judiciaire est prévu mardi à Montréal avec la participation, notamment, des organisations Femmes autochtones du Québec, Idle no more et Amnistie internationale. Les leaders et organisations autochtones se disent prêts à retourner devant les Nations unies pour dénoncer les autorités canadiennes et québécoises face à cette situation.

La chef Adrienne Jérôme, de Lac Simon, a déclaré que sur le terrain, l'exonération juridique des policiers de la Sûreté du Québec soupçonnés ont choqué les femmes autochtones et profondément miné leur confiance face aux policiers et au système judiciaire, au point où les victimes qui n'ont pas dénoncé des gestes dont elles ont été victimes vont définitivement se taire.

Les femmes qui ont dénoncé, de leur côté, ont désormais peur de représailles de policiers, selon Mme Jérôme, une situation pour laquelle Me Lafontaine a fait part dans son rapport d'un besoin de protection.

Mme Jérôme a dénoncé le fait que les policiers de la SQ patrouillent le territoire avec, bien en vue, des bracelets de solidarité envers leurs confrères qui avaient été suspendus, un geste que Ghislain Picard qualifie d'"inacceptable et inapproprié".

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