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20/11/2016 05:03 EST

Alain Juppé, le comeback contrarié du vieux sage

L'ancien Premier ministre français Alain Juppé, finaliste de la primaire de la droite, est revenu au premier plan dix ans après avoir été enterré en politique, mais son comeback risque fort d'être contrarié par un autre Premier ministre, François Fillon.

Cinq fois ministre, chef de gouvernement, député, eurodéputé, chef de parti et maire d'une des plus grandes villes de France, Bordeaux (sud-ouest): il ne manque que la présidence sur le curriculum d'Alain Juppé.

Mais pour porter les couleurs de la droite lors de la présidentielle de 2017, il devra battre François Fillon, arrivé en tête du premier tour de la primaire de ce camp dimanche. Et l'écart est tel que la tâche s'annonce difficile

A 71 ans, cet homme brillant - "c'est le meilleur d'entre nous", disait son mentor, l'ex-président Jacques Chirac - a réussi à gommer son image d'homme raide, froid et cassant, ("droit dans ses bottes", dit-il) et à incarner le vieux sage rassembleur.

Dans la campagne de la primaire, ce chantre de "l'identité heureuse" a tenu un discours pondéré, refusant de "dresser le peuple contre les élites", qui lui a valu le soutien de la droite modérée, du centre et d'une partie de la gauche.

Longtemps donné en tête dans les sondages, il a sans doute été pénalisé par sa "campagne un peu plan-plan" au fort goût de "tisane", selon ses détracteurs.

Mais il ne s'agit pas du premier revers pour cet homme, qui avait été donné pour mort en politique il y a une dizaine d'années.

Sa carrière, météorite dans les années 80, a buté sur la colère de la rue en 1995, quand il était Premier ministre. Des millions de personnes battent alors le pavé contre ses réformes sociales lors des plus grandes manifestations de l'après-guerre.

En 2004, son destin semble définitivement scellé quand il écope d'un an d'inéligibilité pour une affaire d'emplois fictifs à la mairie de Paris. Privé de ses mandats, il s'exile au Canada pour enseigner.

Redevenu éligible en décembre 2005, il récupère en 2006 la mairie de Bordeaux, qui devient la vitrine de son action et lui sert de base-arrière pour reconquérir le pouvoir.

Paradoxalement, c'est l'élection de son rival à droite Nicolas Sarkozy en 2007 qui le remet au premier plan, en tant que ministre de l'Ecologie, puis de la Défense et des Affaires étrangères.

En 2012, l'échec de Nicolas Sarkozy à se faire réélire entraîne une guerre des chefs au sein de la droite et il est appelé en médiateur.

Marié à deux reprises, il est père de trois enfants.

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