NOUVELLES
20/11/2016 07:42 EST | Actualisé 21/11/2016 05:24 EST

Élection présidentielle dans le calme en Haïti

HECTOR RETAMAL via Getty Images
Election officials count ballots at a polling station in the Roger Ladoceur School in the commune of Delmas in the Haitian capital Port-au-Prince, on November 20, 2016 during the presidential and legislative elections.Haitians cast their ballots for president and members of the legislature in elections that had been delayed for more than a year by a constitutional crisis. Nearly 6.2 million people are eligible to vote in the impoverished Caribbean country, parts of which are still struggling to recover from a devastating hurricane. / AFP / HECTOR RETAMAL (Photo credit should read HECTOR RETAMAL/AFP/Getty Images)

Les Haïtiens ont voté dimanche sans incident majeur pour élire leur président ainsi que des députés et sénateurs, après une année de crise institutionnelle et un ouragan dévastateur en octobre.

A la fermeture des bureaux de votes à 16H00 locales, le décompte des bulletins a débuté en présence des représentants des partis politiques et ces opérations se déroulent le plus souvent dans des conditions précaires.

Faute d'électricité dans la majorité des bureaux, le personnel électoral ne dispose que de lampes portatives ou de bougies pour s'éclairer.

Les bulletins seront centralisés et traités au centre de dépouillement national et les résultats officiels de ce 1er tour doivent être publiés le 29 décembre. Si aucun candidat à la présidence n'obtient plus de 50% des suffrages, un second tour est prévu le 29 janvier 2017.

Sous un ciel menaçant, les files d'attente se sont, dans l'après-midi, allongées devant certains bureaux de vote de Port-au-Prince car les policiers présents en nombre fouillaient les électeurs, avant de ne les laisser entrer que par groupe de dix.

Une fois leurs bulletins glissés dans les urnes en plastique transparent, sous la surveillance des agents électoraux, les électeurs repartaient le pouce couvert d'encre indélébile, sécurité assurant qu'une personne ne peut voter plus d'une fois.

Dans la région des Cayes, lourdement affectée par l'ouragan Matthew début octobre, les habitants désireux d'exercer leur droit de vote n'ont pas été nombreux, a constaté un journaliste de l'AFP.

Parmi les 27 candidats à la présidence se détachent trois favoris: Jovenel Moïse, choisi par l'ancien chef de l'Etat Michel Martelly pour représenter son parti le PHTK (Parti haïtien Tèt kale), Jude Célestin sous la bannière de la Ligue alternative pour le progrès et l'émancipation haïtienne (Lapeh) et Maryse Narcisse, porte-parole de l'ancien président Aristide.

Vingt-cinq postes de députés sur 109 sont également en jeu ainsi que 16 sièges de sénateurs sur 30.

Ces scrutins avaient été organisés en octobre 2015 mais, à la suite de vives contestations de l'opposition d'alors, et devant les preuves de fraudes massives, les autorités ont décidé d'annuler l'élection et de reprendre le processus à zéro.

Cette annulation avait empêché Michel Martelly, élu président en 2011, de transmettre le pouvoir à un successeur élu au suffrage universel. Pour assurer l'intérim, le parlement a exceptionnellement élu en février Jocelerme Privert, alors président du Sénat, au poste de président provisoire.

Finalement programmé le 9 octobre, le premier tour de la présidentielle avait été à nouveau reporté en raison du passage dévastateur de l'ouragan Matthew sur la moitié sud du pays le 4 octobre.

Satisfaction des autorités

Avant la fermeture des bureaux de vote, les autorités électorales ont témoigné de leur satisfaction devant la bonne tenue des scrutins.

"Nous avons un sentiment de satisfaction par rapport à la façon dont la journée se déroule, sans violence, sans incidents graves ou perturbations de scrutin", a déclaré Léopold Berlanger, président du conseil électoral provisoire lors d'une conférence de presse.

La lassitude des habitants d'Haïti contraste avec une soif de participation de la diaspora, estimée à plus de 3 millions de personnes, qui ne peut pas voter en dehors du territoire national.

"Nous avons des personnes formidables (...) qui veulent revenir, s'impliquer mais ce qui arrive c'est qu'elles sont bloquées par les votes du parlement qui empêchent la diaspora de participer", a regretté le chanteur Wyclef Jean, qui vit aux Etats-Unis.

Pour cette reprise du processus électoral, des changements notables ont été effectués pour limiter les fraudes: des isoloirs garantissant plus de discrétion ont été installés et les représentants des partis politiques étaient identifiés avec une carte où figurait leur photo.

Les autorités ont fait leur possible pour rassurer la population et empêcher les violences comme celles qui avaient émaillé le premier tour des législatives en août 2015.

Tous les ports d'armes ont été suspendus dimanche et aucun véhicule n'a pu s'approcher à moins de 100 mètres d'un bureau de vote.

Plus de 9.400 policiers nationaux ont été mobilisés à travers le pays, secondés par 1.400 policiers de la mission de l'ONU en Haïti.

VOIR AUSSI