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19/11/2016 08:58 EST | Actualisé 20/11/2017 00:12 EST

Violents combats au Yémen malgré l'entrée en vigueur d'une trêve

Rebelles yéménites et forces loyalistes se sont affrontés samedi autour de la troisième ville du Yémen malgré une trêve de 48 heures à l'initiative de la coalition arabe sous commandement saoudien qui soutient les autorités gouvernementales contre les insurgés.

Quelques heures après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu à 09H00 GMT, de violents combats faisaient rage autour de Taëz (sud-ouest) où des dizaines de personnes ont été tuées cette semaine, tandis qu'un calme relatif était de retour sur d'autres fronts.

Les affrontements étaient les plus intenses à Salo, au sud-est de Taëz, ont rapporté à l'AFP des sources militaires qui ont fait état de victimes dans les deux camps. Dans la ville même, trois civils ont été tués et deux autres blessés dans un tir de roquettes des rebelles, d'après ces sources.

Quatre rebelles et deux combattants loyalistes ont également péri dans d'autres affrontements, ont ajouté les sources.

Plus au nord, près de la frontière saoudienne, deux missiles balistiques tirés par les rebelles ont tué deux soldats progouvernementaux et blessé quatre autres dans la zone côtière de Midi, selon un commandant militaire.

Le médiateur de l'ONU pour le Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, a invité dans un communiqué les belligérants à "respecter pleinement" cette trêve.

- 'Marre de ce conflit' -

Elle a été décrétée alors qu'un cessez-le-feu devant débuter jeudi à l'initiative du secrétaire d'Etat américain John Kerry avait été rejeté par les autorités yéménites.

Mais "des pressions internationales ont été exercées pour une trêve et une reprise des négociations de paix", a déclaré à l'AFP une source proche du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par la coalition et actuellement en exil en Arabie saoudite.

Ce cessez-le-feu sera renouvelé si les rebelles chiites Houthis le respectent et laissent passer de l'aide humanitaire dans les villes qu'ils assiègent, comme Taëz, a prévenu la coalition dans un communiqué publié par l'agence officielle saoudienne Spa.

Cité par le site rebelle sabanews.net, le porte-parole militaire des rebelles, le général Charaf Loqman, a indiqué que ces derniers observeraient la trêve, à condition que "l'autre partie la respecte".

Le Yémen est ravagé depuis près de 20 mois par des combats entre les forces progouvernementales soutenues par la coalition arabe et les rebelles Houthis, alliés à des partisans de l'ancien président yéménite Ali Abdallah Saleh.

Ce conflit a fait plus de 7.000 morts et près de 37.000 blessés, selon l'ONU.

"Nous espérons vraiment que la guerre va prendre fin. Tous les Yéménites en ont marre de ce conflit", a confié samedi Khaled al-Waysi, un habitant de Sanaa (nord).

Un autre résident de la capitale, Sadeq Juhaifi, a assuré: "Nous voulons qu'une des parties soit assez courageuse pour annoncer une paix de long terme, pas juste une trêve d'un ou deux jours".

- 'Commission de désescalade' -

Pour Jens Laerke, porte-parole du bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), le respect de la trêve pourrait donner aux organisations humanitaires "l'opportunité" de répondre aux besoins des populations dans des zones isolées ou difficiles d'accès.

Le pays est sous un blocus naval et aérien de la coalition et des ONG s'inquiètent des risques de famine et de l'apparition du choléra dans certaines régions.

La coalition arabe et les forces loyalistes demandent que les rebelles envoient leurs délégués à la "commission de désescalade et coordination", créée à l'initiative de l'ONU et basée à Dhahran, dans le sud de l'Arabie saoudite, pour superviser une cessation des hostilités.

Des experts de l'ONU se trouvent déjà à Dhahran où ils attendent les représentants des deux belligérants, a indiqué samedi M. Ould Cheikh Ahmed.

Six tentatives de cessez-le-feu au Yémen ont jusqu'ici échoué.

La précédente, annoncée sous l'impulsion de Washington, de Londres et de l'ONU pour le 20 octobre, avait volé en éclat dès son entrée en vigueur.

Des pourparlers de paix interyéménites qui s'étaient tenus à Koweït pendant trois mois sous l'égide de l'ONU avaient été suspendus en août sans résultat.

Le camp Hadi exige le retrait des rebelles des territoires conquis depuis 2014 et la restitution des armes lourdes qu'ils ont saisies.

Les Houthis, eux, exigent un arrêt des raids aériens de la coalition et la formation d'un gouvernement d'union nationale en vue d'un règlement politique.

Ils appartiennent à l'importante minorité zaïdite, une branche du chiisme, et s'estiment marginalisés par le pouvoir central du président Hadi.

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