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19/11/2016 06:06 EST | Actualisé 20/11/2017 00:12 EST

Brésil: un ancien communiste à la tête du ministère de la Culture

Un ancien communiste est le nouveau ministre brésilien de la Culture du président conservateur Michel Temer, après la démission vendredi soir de Marcelo Calero, pour raisons "personnelles", six mois après une nomination fortement critiquée par les milieux artistiques.

Le député Roberto Freire, 74 ans, avocat de formation et actuel président du Parti populaire socialiste (PPS), sera le nouveau ministre de la Culture, a indiqué le ministère vendredi soir.

"J'ai accepté l'invitation (de M. Temer) parce qu'il est de notre responsabilité, nous qui avons soutenu la destitution (de Dilma Rousseff) de participer à ce gouvernement, fruit de notre action au Parlement", a déclaré M. Freire cité par le quotidien O Globo, samedi.

"Le président (Temer) a déjà dit qu'il prévoit d'augmenter les ressources pour la Culture. C'est un signe important. Nous vivons un processus de réformes. La société exige beaucoup", a souligné M. Freire.

Ex-membre du Parti communiste brésilien (PCB), M. Freire en est sorti en 1992 pour créer le PPS idéologiquement proche de l'Eurocommunisme. Il a toujours été un adversaire politique l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva et Rousseff qui lui a succédé.

Dans une interview au quotidien Folha de S.Paulo, samedi,le démissionnaire Calero explique "avoir subi des pressions" du ministre Geddel Vieira Lima (en charge de la coordination politique) pour que l'Institut du patrimoine historique (Iphan) - qui dépend du ministère de la Culture - approuve un projet immobilier à Salvador de Bahia, "d'intérêt du ministre".

Sa démission est la cinquième démission au sein du gouvernement de centre droit de M. Temer, à la tête du pays depuis le 12 mai, après la mise à l'écart du pouvoir de Dilma Rousseff.

La suppression du ministère de la Culture, transformé en secrétaire d'Etat à la Culture rattaché au ministère de l'Éducation, l'une des premières mesures prises par M. Temer, avait suscité une vague de protestations dans les milieux artistiques brésiliens.

Face à la fronde, Michel Temer avait fini par rétablir le ministère de la Culture, et nommé à sa tête M. Calero, qui a depuis été au centre de plusieurs polémiques.

Il avait notamment critiqué l'équipe du seul film brésilien en compétition à Cannes, "Aquarius", qui avait brandi une banderole sur les marches pour protester contre la destitution de Dilma Rousseff poussée par le parti de Michel Temer.

Lors de ses prises de parole dans plusieurs festivals de cinéma, il avait été sifflé, blâmé pour les coupes budgétaires imposées à son ministère.

cdo-rs/abk