DIVERTISSEMENT
18/11/2016 02:51 EST | Actualisé 29/11/2016 03:31 EST

«Pourquoi tu pleures...?» au Théâtre du Nouveau Monde: le déclin des Éternels pigistes

Yves Renaud

Voilà déjà deux décennies que Christian Bégin, Isabelle Vincent, Patrice Coquereau, Marie Charlebois et Pier Paquette émeuvent, étonnent, expérimentent, font rire et réfléchir, en devenant au passage l’une des troupes de théâtre québécoises les plus marquantes de l’histoire. Mais hier soir, en présentant ce qui pourrait s’avérer leur dernière création, les Éternels pigistes ont déçu. Beaucoup.

Habitués de monter leurs œuvres sur les scènes intimes de La Licorne, du Théâtre d’aujourd’hui et de l’Espace Libre, les créateurs ont investi la grande scène du Théâtre du Nouveau Monde pour la toute première fois, en projetant les spectateurs dans une arrière-cour de banlieue bon chic bon genre.

On assiste brièvement aux retrouvailles d’une famille que tout désunit, alors que Guillaume (Christian Bégin), un sous ministre du gouvernement parti depuis un an en Afrique, revient au bercail, accueilli en grande pompe par ses parents (Sophie Clément et Pierre Curzi).

Galerie photo «Pourquoi tu pleures...?» au TNM Voyez les images

On retrouve tout ce beau monde un an plus tard, après la mort du patriarche, lors de la lecture de ses dernières volontés, lui qui impose aux siens de diviser plus de cinq millions de dollars de façon non équitable en décidant ensemble de ce que chacun mérite.

L’idée est brillante. Son rendu, un peu moins. La veuve et ses enfants partagent les projets qu’ils ont en tête et les raisons pour lesquelles ils veulent ou non de l’argent laissé en héritage, laissant transparaître les facettes prédominantes – et tristement prévisibles – de leurs personnalités: Manon (Marie Charlebois) la martyre à la vie de marde qui a besoin de bien peu, France (Isabelle Vincent) qui veut continuer sa quête de valorisation à travers l’image, Roger (Pier Paquette) un comptable rigide qui aimerait que chacun partage les détails de sa situation financière (économies, bonne ou mauvaise gestion), Guillaume le cynique supposément lucide qui ne veut rien, parce qu’il a suffisamment de l’argent sale du gouvernement pour s’occuper, et la mère, qui se prête à l’exercice pour la forme, disant n’avoir besoin de presque rien… surtout pas d’exposer ses envies, ses manques et ses failles.