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15/11/2016 06:01 EST | Actualisé 15/11/2016 06:01 EST

Russie: le ministre de l'Économie Alexeï Oulioukaïev inculpé pour «extorsion de pots-de-vin»

Sergei Karpukhin / Reuters
Russian Economy Minister Alexei Ulyukayev speaks during an interview with Reuters in Moscow, Russia, November 1, 2016. Picture taken November 1, 2016. REUTERS/Sergei Karpukhin

Le ministre russe de l'Economie Alexeï Oulioukaïev a été inculpé mardi pour "extorsion de pots-de-vin" quelques heures après son arrestation en pleine nuit par des agents des services secrets, a annoncé mardi le Comité d'enquête russe.

Selon les enquêteurs, M. Oulioukaïev, 60 ans et ministre depuis 2013, a "exigé de la direction de Rosneft" un pot-de-vin de deux millions de dollars en échange de son feu vert pour l'acquisition par le géant pétrolier semi-public russe Rosneft du pétrolier Bachneft, appartenant à l'Etat.

Toujours selon le Comité d'enquête, notamment chargé des enquêtes criminelles les plus retentissantes en Russie, le ministre a "menacé d'user des pouvoirs liés à sa fonction pour faire obstacle aux activités de la compagnie" si cette dernière ne lui versait pas le pots-de-vin.

La direction de Rosneft a alors contacté les autorités qui ont interpellé lundi soir le ministre.

M. Oulioukaïev, qui attendait mardi d'être entendu par un juge, a été arrêté peu avant minuit lors d'une opération menée par le FSB (ex-KGB).

Le ministre, acteur clé du gouvernement en période de récession économique, risque de 8 à 15 ans de prison.

Il s'était publiquement opposé dans un premier temps à la vente de la moitié du capital de Bachneft à Rosneft, la plus grosse cession d'actifs réalisée cette année par l'Etat russe pour renflouer son budget plombé par l'effondrement des cours du pétrole.

Le ministre de l'Economie n'était pas le seul, au sein du gouvernement, à voir d'un mauvais oeil cette opération. Mais après une volte-face du Kremlin, il avait dû ensuite s'y plier et mettre en oeuvre en un temps record en octobre cette transaction d'environ 5 milliards de dollars, ce qui avait été interprété comme une victoire du patron de Rosneft, Igor Setchine.

Ce proche de Vladimir Poutine, aussi discret qu'influent, est considéré comme un des chefs de file des "siloviki", ces responsables issus comme le président des services secrets, de l'armée ou de la police.

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