POLITIQUE
14/11/2016 06:35 EST | Actualisé 14/11/2016 06:36 EST

Après les syndiqués de l'État, les cadres en négos

CP

Les associations des 25 000 cadres travaillant pour le gouvernement du Québec ont reçu une première proposition de leur employeur en vue du renouvellement de leur entente salariale. Et ce qui s'y trouve les a déçus.

Un texte de Mathieu Dion

À première vue, les augmentations salariales proposées par le Conseil du Trésor semblent miroiter celles obtenues l'année dernière par le Front commun des employés syndiqués de l'État. Elles sont de l'ordre d'un peu plus de 5 % d'ici 2020 en plus de clauses forfaitaires.

Toutefois, à l'Alliance des cadres de l'État, on parle de « deux poids, deux mesures » puisque l'augmentation offerte surviendrait plus tard. Elle créerait ainsi un manque à gagner de 1500 à 2000 dollars cette année par rapport aux syndiqués.

«Je vous dirais que la première proposition nous semble décevante sur le plan salarial, mais on a espoir que les travaux vont donner de l’espace à une meilleure compréhension de nos difficultés.» - Anne Gosselin, pdg, Alliance des cadres de l’État

Les bonis, suspendus depuis 2010, seraient également abolis définitivement.

Selon une source gouvernementale, la proposition du Conseil de Trésor est à la hauteur des moyens de l'État. Elle a été présentée aux associations de cadres de la fonction publique, de la santé et de l'éducation le 9 novembre. Une autre rencontre est prévue le 15 novembre.

Régime de retraite : un déficit de 1,8 G$

L'un des gros enjeux dans les négociations à venir sera la restructuration du régime de retraite. La situation financière du régime est devenue préoccupante avec son déficit de 1,8 milliard de dollars.

La raison du déficit

Retenons premièrement que les 25 000 cadres ont un régime de retraite différent des quelque 450 000 employés syndiqués de l'État. Ils sont donc moins nombreux pour renflouer les coffres du régime, soit un cotisant pour un retraité, comparativement à 2,5 cotisants pour un retraité chez les syndiqués. Deuxièmement, l'espérance de vie s'est allongée au cours des dernières décennies, ce qui rallonge la période des prestations. Troisièmement, lorsqu'un employé syndiqué devient cadre, il change de régime de retraite partagé à 50 % avec l'employeur. Le gouvernement et lui-même se trouvent ainsi à ne pas avoir suffisamment cotisé en fonction du nouveau salaire plus élevé. Bref, le fonctionnement du régime doit être revu.

Plusieurs mesures sont proposées par le Conseil du Trésor. Parmi elles :

  • Une réduction du taux de cotisation des participants et une contribution accrue du gouvernement de 2018 à 2022;
  • Une suspension de neuf ans de l'indexation des rentes pour les retraités actuels;
  • Un resserrement des critères d'admissibilité, dont le passage de l'âge de la retraite de 60 à 61 ans.

Anne Gosselin, de l'Alliance des cadres de l'État, estime que la proposition du gouvernement, tel que présenté, risque de miner l'attractivité des postes de cadre. « On va donner une chance à la négociation avant de baisser les bras », fait-elle néanmoins savoir. Les moyens de pression sont fort limités pour les cadres étant donné qu'ils sont les « représentants de l'employeur ».

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