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13/11/2016 03:11 EST | Actualisé 13/11/2016 03:11 EST

Samuele: de Granby à Coup de cœur francophone

bertrand duhamel

Samuele a remporté le dernier Festival international de la chanson de Granby (FICG), en août, avec son mélange de chansons sur tous les tons, folk, rock et blues, et sa poésie débitée en spoken word, dont une tirade coup-de-poing à saveur féministe, Égalité de papier, qu’on peut lire et entendre sur son bandcamp, comme le reste de sa collection.

Ce dimanche, la jeune artiste offrira une prestation au Verre Bouteille, avenue Mont-Royal, en duo avec Mathieu Bérubé, dans le cadre de Coup de cœur francophone, qui se termine justement aujourd’hui.

Samuele compose son matériel depuis l’âge de 14 ou 15 ans, époque où elle se produisait dans les bars avec des groupes punks. Cette passion l’a toujours motivée et, il y a deux ans, elle a enregistré une «poignée de tunes» qu’elle aimait bien, «avec pas de budget et des amis dans un chalet, sans attentes». Elle les a présentées aux Francouvertes en 2015.

«Moi, la notion d’artiste entrepreneur, c’est quelque chose que j’admire énormément, mais ce n’est pas dans mon ADN. Me vendre, ce n’est vraiment pas mon truc. Je voulais me concentrer sur ma musique et mon art, et me trouver une équipe pour vendre ma patente. Aux Francouvertes, j’ai rencontré une équipe, et c’est là que j’ai découvert qu’il y avait un potentiel commercial à ce que je faisais. L’écriture de textes, de chansons, a toujours fait partie de ma vie et en fera toujours partie.»

Rêve de métier

L’auteure-compositrice-interprète a perçu sa victoire au FICG comme un «bon coup de pouce» arrivé au bon moment, elle qui fignole en ce moment son premier album.

«Avoir accès à autant de yeux professionnels, avoir l’attention des gens de l’industrie, c’est très difficile. Rendue où je suis, c’était important de me faire voir. Je ne me suis pas inscrite au FICG pour vivre des éliminatoires, mais pour rencontrer des collègues, d’autres créateurs de chansons, et être vue par l’industrie.»

«Ce prix a été un beau «bravo», un «lâche pas» de l’industrie et je surfe dessus, mais je n’ai pas de rêve de carrière. C’est un rêve de métier, de pouvoir occuper mes journées à faire ce que j’aime. Pour l’instant, il n’y a pas d’autre métier dans lequel je me sens autant à l’aise et bien que dans celui de faire de la chanson», confirme celle qui écrit aussi des pièces pour d’autres voix que la sienne.

Elle ne table pas sur son bagage familial pour se faire connaître, et le secret est encore relativement bien gardé, mais Samuele, 30 ans et native de Montréal, est la fille du défunt chanteur Gaston Mandeville. Elle est également mère d’un fils de 9 ans. Pour l’instant, elle ne rêve pas nécessairement d’une carrière tous azimuts et très grand public, mais espère évidemment se faire entendre du plus grand nombre.

«Moi, j’ai envie d’avoir du fun. Avoir une carrière très grand public implique beaucoup de compromis dans ce qu’on dit et ce qu’on fait. Si les gens sont prêts à me prendre sans compromis et que j’ai encore du temps pour être une mère adéquate, je vais le faire. Mais c’est plus important pour moi de pouvoir être à la maison avec mon garçon et d’être bien dans ce que je fais à tous les jours. Je ne cracherai pas sur la popularité si elle arrive ; plus il y a de gens qui m’entendent, mieux c’est. Je ne veux pas prêcher aux convertis. Je veux parler aux gens qui ont besoin de l’entendre. Je n’ai pas de plan de match, et c’est un peu ce que j’aime de la job, aussi.»

Quand on la questionne sur ses influences musicales, Samuele évoque des expériences davantage que des noms précis et réfère à la groove qui teinte son œuvre.

«J’ai une approche de la musique qui est très instinctive. Je n’ai pas de formation classique. Il y a beaucoup de racines blues dans ma musique, mais ce n’est pas parce que j’ai écouté tant de blues que ça», souligne-t-elle.

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