NOUVELLES
11/11/2016 19:28 EST | Actualisé 12/11/2017 00:12 EST

Séoul se prépare pour une grande manifestation contre la présidente sud-coréenne

Jusqu'à un million de personnes sont attendues dans les rues de Séoul samedi pour une des plus grandes manifestations antigouvernementales depuis des décennies, qui devrait réclamer la démission de la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, empêtrée dans un retentissant scandale politico-financier.

Les autorités ont appelé au calme et 25.000 policiers ont été déployés dans la capitale, qui a déjà connu plusieurs manifestations d'ampleur alors que Mme Park se bat pour sa survie politique.

La police a annoncé prévoir 170.000 manifestants samedi, tandis que les organisateurs espèrent rassembler entre "500.000 et un million" de personnes. Des dizaines de milliers de protestataires ont été acheminés à Séoul en bus et en train.

Park Geun-Hye est accusée d'avoir été sous la coupe d'une sulfureuse conseillère de l'ombre, Choi Soon-Sil, qui aurait profité de son ascendant pour contraindre des groupes industriels nationaux, comme Samsung, à verser de larges sommes à des fondations douteuses, sommes qu'elle aurait ensuite utilisées à des fins personnelles.

Mais l'opinion publique s'inquiète aussi de savoir si Mme Choi s'est ingérée dans les affaires de l'Etat et a eu accès à des documents confidentiels alors qu'elle n'avait ni fonction officielle ni habilitation de sécurité.

La confidente de Mme Park est la fille d'un mystérieux chef religieux, Choi Tae-Min, devenu son mentor après l'assassinat de sa mère en 1974.

Mme Choi a été arrêtée début novembre pour fraude et abus de pouvoir.

Dans une tentative pour apaiser la colère populaire, la présidente a présenté plusieurs fois des excuses, mais les appels à démissionner ne faiblissent pas.

"Nous sentons le poids de la mauvaise humeur populaire", a admis vendredi le porte-parole présidentiel Jung Youn-Kuk.

Mme Park a reconnu être responsable du scandale qui implique sa confidente et amie de 40 ans, en ayant été, par amitié, "négligente" et insuffisamment vigilante.

Mais elle a démenti des informations selon lesquelles elle aurait participé, sous l'influence de celle que les médias sud-coréens surnomment "Raspoutine", à un culte religieux d'inspiration chamanique.

Lors d'une conférence de presse vendredi, le Premier ministre adjoint Lee Joon-Sik a demandé "que le public coopère afin que la manifestation soit légale et pacifique".

La plupart des experts estiment que Mme Park, dont le quinquennat s'achève dans un peu plus d'un an, devrait réussir à s'extirper du scandale et rester en poste jusqu'au terme de son mandat, mais avec une autorité et une capacité à gouverner fortement diminuées.

ckp/gh/aph/mba