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12/11/2016 11:13 EST | Actualisé 13/11/2017 00:12 EST

Réouverture du Bataclan, un an après les attentats: "C'est ce soir que je reprends ma vie"

Fermées depuis l'attentat du 13 novembre 2015, les portes du Bataclan se sont enfin rouvertes samedi : "C'est ce soir que je reprends ma vie comme elle était avant", confie un survivant avant d'entrer dans la salle parisienne qui affiche complet pour applaudir Sting.

Pour Aurélien, rescapé de l'attaque qui avait fait 90 morts pendant le concert du groupe de rock américain Eagles of Death Metal, l'émotion est particulièrement vive avant de retrouver la salle, entièrement rénovée.

"C'est la première fois que je vais dans un lieu public depuis un an. Je ne suis pas allé au cinéma, à un concert, je me faisais livrer mes courses, je suis tout le temps resté chez moi...", raconte ce trentenaire, qui ne souhaite pas donner son nom de famille.

"C'est ce soir que je reprends ma vie comme elle était avant. C'est un devoir, c'est une obligation d'être là car il y a 90 personnes qui ne peuvent plus venir", ajoute-t-il, ému, la main tremblante.

Devant la salle de concerts, bouquets de fleurs, bougies et messages rendent hommage aux victimes des trois jihadistes qui avaient fait irruption dans le Bataclan avant de provoquer un carnage en tirant à la kalachnikov ou en déclenchant des ceintures d'explosifs.

Plusieurs spectateurs sont venus avec des roses.

"Je pense que je vais être émue ce soir. C'est bien que le Bataclan soit refait à l'identique, il n'y a pas de raison que ça change", poursuit cette spectatrice de 48 ans, Claire Veyssière, arrivée plus de deux heures avant le début du concert d'une heure prévu vers 20H00 GMT.

"On est venus pour la symbolique, pour Sting, pour l'hommage à la vie parce qu'on est Parisiens et pour l'hommage à toutes les victimes", explique-t-elle.

Sting, "c'est un chanteur engagé, on serait peut être venus si ça avait été quelqu'un d'autre mais le fait que ce soit lui, c'est un plus", confie l'ami avec qui elle est venue, Marc Brevet, 54 ans, alors que l'ancien leader de Police est déjà à l'intérieur pour préparer ce concert hautement symbolique.

- 'Pas complètement sereines' -

"On n'est pas complètement sereines", confie cependant Josée Nuyet, 50 ans, venue avec une amie. "Pour les victimes, ce sera plus difficile que pour nous..."

"Je pense que l'atmosphère va être particulière. Sting, c'est une belle personne. Relever ce défi-là, c'est un beau geste quand même", ajoute-t-elle, redoutant elle aussi le moment où elle va découvrir cette salle.

Appréhension partagée par d'autres spectateurs: "J'ai appris qu'il y avait un concert de Sting à Paris, je suis une fan de longue date. J'ai commencé à regarder le site de vente et je me suis rendue compte à ce moment-là que c'était au Bataclan", raconte Mylena, une Danoise venue à Paris pour l'occasion.

"Tout est remonté très très vite, très très fort dans ma tête. Et me voilà ici ce soir, c'est un moment très émouvant. Je me rappelle il y a un an avoir vu tout ça à la télé et à présent je vois les fleurs, le monde, ça me donne les larmes aux yeux", confie, en anglais, cette quadragénaire.

Un peu à l'écart de la foule, Gérard, 51 ans, (qui ne souhaite pas communiquer son nom de famille), aurait voulu aussi pouvoir applaudir Sting. Présent dans la salle le 13 novembre 2015, il regrette un peu de ne pas avoir eu d'invitation, au contraire de quelque 300 victimes et familles de victimes conviées à la réouverture.

Mais dimanche, il sera là pour poser la plaque commémorative sur la façade de la salle de concert, lors de la journée de cérémonies officielles menées par le président François Hollande.

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