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12/11/2016 07:51 EST | Actualisé 13/11/2017 00:12 EST

PLQ: un militant de longue date veut que Couillard se connecte avec sa base

LAVAL, Qc — Le premier ministre Philippe Couillard n'a pas réussi à reconnecter le Parti libéral du Québec (PLQ) avec ses membres, selon un militant de longue date du parti, Martin Drapeau.

Militant du PLQ depuis 36 ans dans la circonscription de Groulx, dans les Laurentides, M. Drapeau reproche notamment au gouvernement Couillard de négliger le suivi qui devrait normalement être fait aux résolutions votées par les membres lors des conseils généraux et aux engagements électoraux pris par le parti.

Cette douche froide, servie aux autorités du parti lors d'une mêlée de presse samedi matin, est survenue alors que des centaines de militants convergeaient vers un hôtel de Laval où se tient tout le week-end le conseil général du parti autour du thème de la justice sociale.

Réputés disciplinés, les militants libéraux n'ont pas l'habitude de confier ainsi leurs états d'âme aux journalistes. M. Drapeau fait figure d'exception et ce n'est pas la première fois: c'est lui qui avait créé tout un malaise en 2010, lors d'un conseil général, en proposant la tenue d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction, une idée qui était alors restée lettre morte, M. Drapeau n'ayant trouvé personne parmi les 500 militants dans la salle pour appuyer sa proposition.

Les critiques formulées par ce militant font écho au rapport produit récemment par le président sortant de la commission politique du PLQ, Jérôme Turcotte, qui a jeté un pavé dans la mare en dénonçant plusieurs travers, dont précisément le manque de suivi aux résolutions du parti et aux engagements électoraux, le manque d'écoute des membres, qui participent peu aux processus décisionnels et le trop grand contrôle exercé par l'entourage du premier ministre sur les orientations privilégiées par le parti.

Dans son discours d'ouverture du conseil général, samedi matin, M. Couillard a dit que le rapport Turcotte faisait la preuve que son parti était celui qui était le plus ouvert aux débats. Il n'y a pas de parti sans militantisme, a dit le chef libéral, qui s'est engagé à moderniser sa formation politique.

En point de presse, M. Turcotte s'est dit quant à lui satisfait de l'accueil reçu par son rapport, qui visait surtout à provoquer une remise en question des façons de faire et accroître la participation active de la base militante, alors que le nombre de membres au PLQ est en chute libre. Il a dit n'avoir jamais songé à quitter le PLQ.

Le conseil général du week-end permettra aux membres du PLQ de se prononcer sur une foule de sujets, notamment sur un projet de résolution misant sur la lutte à la pauvreté et la réduction des inégalités sociales.