NOUVELLES
12/11/2016 05:15 EST | Actualisé 13/11/2017 00:12 EST

Les dirigeants chypriotes font une "pause" dans leurs négociations

Cinq jours de pourparlers en Suisse entre dirigeants chypriotes grecs et turcs ont donné lieu à des "progrès importants" mais pas suffisants pour boucler l'un des points les plus litigieux des négociations en vue de réunifier l'île méditerranéenne.

Le président chypriote Nicos Anastasiades et le leader chypriote turc Mustafa Akinci, qui négocient depuis mai 2015, doivent se retrouver le 20 novembre à Genève pour poursuivre leurs discussions, a annoncé vendredi soir l'ONU.

A l'ouverture lundi des pourparlers sur le Mont Pèlerin, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon avait affiché son optimisme, estimant qu'une solution pour Chypre, divisé depuis 42 ans, était "à portée de main".

MM. Anastasiades et Akinci devaient aborder une des questions les plus épineuses du dossier: les arrangements territoriaux, qui comprend la délimitation des deux futures entités --l'une chypriote grecque, l'autre chypriote turque.

L'ONU a annoncé vendredi soir que des "progrès importants" avaient été réalisés, sans donner plus détails.

C'est à la demande de M. Anastasiades que les deux dirigeants ont décidé de faire "une pause" et "de reprendre leurs discussions le 20 novembre à Genève", a indiqué l'ONU. Les deux leaders n'ont fait aucune déclaration publique.

La question de la division de Chypre est l'un des plus vieux conflits au monde, et plusieurs tentatives de réunification ont échoué, comme la dernière en 2004.

Chypre est divisée depuis 1974, lorsque l'armée turque a envahi la partie nord de l'île en réaction à un coup d'Etat visant à rattacher le pays à la Grèce. Cette invasion a été suivie par d'importants déplacements de populations, des dizaines de milliers de personnes ayant dû abandonner leurs biens du jour au lendemain.

Depuis, la République de Chypre, membre de l'UE depuis 2004, n'exerce son autorité que sur la partie sud, où vivent les Chypriotes grecs. Les Chypriotes turcs habitent au nord, où une République turque de Chypre du Nord (RTCN) a été autoproclamée et n'est reconnue que par Ankara.

- Concessions -

Faisant état de progrès "remarquables", le porte-parole du gouvernement chypriote grec Nicos Christodoulides a déclaré samedi à la presse que le but de la nouvelle réunion demeurait le même que celui de cette semaine: "convenir de critères (territoriaux) qui se traduiront ensuite par une carte très spécifique afin que nous puissions parler de la prochaine phase finale des négociations".

"S'il y a une volonté, nous serons en mesure de conclure un accord sur cette question en un jour ou deux", a-t-il assuré.

Le porte-parole de M. Akinci a fait état de son côté de "points de convergence" sur le dossier territorial, selon la radio-télévision chypriote turque.

"Nous allions continuer à travailler sur ce point (...) mais M. Anastasiades a fait sa demande (de pause) et nous ne voulions pas faire obstacle aux développements positifs, donc nous avons respecté sa requête", a-t-il ajouté.

En cas de règlement du dossier territorial, le processus doit se poursuivre avec des discussions avec les trois "garants" de la sécurité de Chypre: la Turquie, la Grèce et la Grande-Bretagne, qui dispose de bases militaires dans l'île.

Le porte-parole du gouvernement turc Numan Kurtulmus a appelé samedi la communauté internationale à "inspirer et conseiller" la partie grecque pour "obtenir un résultat" dans les pourparlers.

"Nous savons quelles sont les concessions que nous pouvons faire", a-t-il déclaré à la presse. Mais "cela ne signifie pas que la Turquie acceptera les concessions qui lui sont dictées pour parvenir à une solution", a-t-il prévenu.

MM. Anastasiades et Akinci s'étaient fixés la fin de l'année 2016 pour parvenir à un accord. S'ils y parviennent, le projet sera ensuite soumis au vote par référendum dans chacune des deux parties de l'île.

cc-cmk/vl