NOUVELLES
12/11/2016 13:50 EST | Actualisé 13/11/2017 00:12 EST

K.d. lang a interprété Hallelujah sur la même scène que Cohen

TORONTO — K.d. lang chérit le soir qu'elle a chanté Hallelujah avec Leonard Cohen.

Le duo s'était formé lorsque le célèbre chanteur montréalais, mort la semaine dernière, a été intronisé au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens en 2006.

«J'étais atrocement nerveuse», se rappelle k.d. lang.

Deux ans auparavant, elle avait choisi cette chanson pour figurer sur son album de reprises de morceaux canadiens, Hymns of the 49th Parallel, mais elle ne l'avait encore jamais interprétée avec Cohen.

Au cours de leur prestation commune, l'esprit de la chanteuse s'est concentré sur les paroles de l'une des plus spirituelles chansons composées par Cohen.

«Je suis parvenue à me calmer en me disant que je lui présentais mon interprétation de son oeuvre. Je m'y suis cramponnée», dit-elle.

Interpréter Hallelujah a toujours été une expérience forte, ajoute-t-elle.

Chaque fois qu'elle la chante, les paroles éveillent son imaginaire comme peu d'autres chansons peuvent le faire, y compris les siennes.

Lang et Cohen étaient tous deux bouddhistes, un lien qui a donné un ciment unique à leur interprétation commune.

«Il y a quelque chose dans les paroles qui vous plonge dans un plus grand état méditatif, explique-t-elle. Pour moi, c'est au sujet du conflit entre les désirs humains et la recherche d'une sagesse spirituelle. C'est me retrouver coincée entre deux endroits.»

Au terme du gala, tous deux s'étaient retrouvés dans les coulisses. Cohen l'avait étreignée «à la bouddhiste» afin de lui signaler que son interprétation lui avait plu.

Bien qu'elle ne l'ait vu qu'à quelques autres occasions, les liens entre les deux étaient forgés pour toujours.

Lang a aussi interprété Hallelujah devant un auditoire mondial lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Vancouver, en 2010. Quelques heures plus tôt, le lugeur géorgien Nodar Kumaritashvili s'était tué lors d'une séance d'entraînement.

Les paroles de la chanson et l'interprétation de lang avaient frappé juste.

«Toutes sortes de choses peuvent permettre à une chanson de transcender le moment au-delà de nous tous, assure-t-elle. La chanson m'a transportée. Ce furent les six minutes les plus rapides de ma vie.»

La mort de Cohen est une lourde perte pour la communauté artistique, reconnaît lang. La sortie du dernier disque du chanteur montréalais You Want It Darker, quelques semaines avant sa mort, l'a grandement consolée.

«Cela va prendre du temps pour... digérer tout cela. Il nous transmettait tant de sagesse. Il était un messager entre les dieux et les humains.»