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11/11/2016 23:57 EST | Actualisé 12/11/2017 00:12 EST

Etats-Unis: toujours des manifestations contre Trump, qui semble adoucir son discours

Des manifestants ont à nouveau protesté vendredi dans une vingtaine de villes américaines et prévoyaient de le faire encore ce week-end contre l'élection à la présidence de Donald Trump qui a semblé adoucir son discours en matière sociale.

"Je ne suis pas ici pour contester l'élection, parce qu'il n'y a pas de signes de fraude ou de trucage", explique à l'AFP sous anonymat Jamie, une manifestante à New York. Mais "il y a beaucoup d'incertitude et nous avons besoin d'un message d'amour".

Comme elle, environ 1.200 manifestants, selon la police, 4.000 selon un média local, ont battu le pavé à Manhattan. Des manifestations sont attendues ce week-end à nouveau à New York et dans une demi-douzaine de villes.

Vendredi, la mobilisation éparse contre le plus vieux président à entrer à la Maison Blanche - 70 ans - a notamment touché Miami (sud-est) et Los Angeles (ouest). L'acteur Robert De Niro, 73 ans, s'est dit "déprimé" par le résultat de l'élection.

A New York, 11 personnes ont été arrêtées, selon la police.

Trois jours après son élection, le président élu a semblé mettre de l'eau dans son vin dans un premier entretien, affirmant qu'il pourrait simplement "amender" la loi d'assurance-maladie surnommée Obamacare, dont il avait promis l'abrogation durant sa campagne.

Cette législation a permis à 22 millions d'Américains d'avoir une assurance santé. Le président élu a expliqué au quotidien Wall Street Journal (WSJ) que Barack Obama lui avait suggéré jeudi de conserver plusieurs pans de sa loi.

"Je lui ai dit que j'étudierai ses suggestions et, par respect, je le ferai", a déclaré Donald Trump. La loi "Obamacare sera soit amendée, soit abrogée, soit remplacée".

- Famille à la manoeuvre -

Donald Trump a aussi modifié et étoffé l'équipe chargée de mettre sur pied, d'ici sa prise de fonctions le 20 janvier, sa nouvelle administration.

L'équipe de transition sera dirigée par son vice-président élu, Mike Pence, et des soutiens indéfectibles y entrent comme l'ex-maire de New York Rudy Giuliani, l'ex-président de la Chambre des représentants Newt Gingrich et un sénateur dur contre l'immigration illégale, Jeff Sessions. S'y ajoutent entre autres Steve Bannon, directeur général de sa campagne, et le président du parti républicain, Reince Priebus.

Plus surprenant, trois enfants adultes de Donald Trump - Ivanka, Donald Jr et Eric - en feront aussi partie, ainsi que le mari d'Ivanka, Jared Kushner.

"La mission de notre équipe sera claire: assembler le groupe le plus hautement qualifié de responsables brillants, qui seront capables de mettre en oeuvre notre programme de changement à Washington", a expliqué Donald Trump dans un communiqué.

Beaucoup sur sa liste sont membres de l'establishment qu'il a tant décrié pendant sa campagne.

Le milliardaire populiste a passé la journée de vendredi enfermé dans sa tour Trump à New York, où il a ses bureaux et sa résidence. Sa porte-parole, Hope Hicks, a précisé qu'il y passerait le week-end.

Il s'est aussi entretenu par téléphone avec le président français François Hollande notamment de la Syrie et de l'accord de Paris sur le climat (COP21).

- 'Vue différente' sur la Syrie -

"J'ai une vue différente de beaucoup de gens sur la Syrie", a dit Donald Trump au WSJ, suggérant qu'il fallait se concentrer davantage sur la lutte contre le groupe Etat islamique. A chercher à remplacer Bachar al-Assad (la position jusqu'ici de Barack Obama et François Hollande), "nous allons finir par combattre la Russie", alliée de Damas, a-t-il jugé.

Le président élu avait déjà parlé auparavant avec la Britannique Theresa May et l'Israélien Benjamin Netanyahu.

Vendredi, Barack Obama a une fois encore insisté sur la nécessité d'unir le pays, sorti de l'élection profondément divisé.

Comme pour faire écho à cette demande d'unité, Donald Trump n'a pas écarté la possibilité de demander conseil à l'ex-président Bill Clinton, après avoir reçu un appel "très aimable" de l'époux de sa rivale démocrate, selon des extraits d'un entretien à la chaîne de télévision CBS.

Lors des élections parlementaires mardi qui se sont tenues en parallèle de la présidentielle, les républicains ont gardé le contrôle des deux chambres. Parmi ses priorités déclarées, outre la loi Obamacare, la lutte contre l'immigration illégale et la baisse des impôts.

Assurer la sécurité des frontières contre la drogue et les immigrants clandestins reste une priorité des premières semaines, a encore dit Donald Trump au WSJ.

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