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12/11/2016 16:32 EST | Actualisé 13/11/2017 00:12 EST

Colombie: un nouvel accord avec les Farc pour donner une seconde chance à la paix

La guérilla des Farc et le gouvernement colombien ont signé samedi un nouveau traité pour tenter de sauver la paix, après le rejet par référendum d'un précédent accord qui visait à mettre fin à 52 ans de conflit.

"Nous sommes parvenus à un nouvel accord de paix final pour la fin du conflit armé, qui contient des changements, des précisions et des contributions de divers secteurs de la société", ont annoncé les parties dans un communiqué commun lu à La Havane par des diplomates de Cuba et de Norvège, pays garants du processus de paix.

La guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et le gouvernement du président Juan Manuel Santos tenaient depuis le 22 octobre à La Havane d'intenses négociations pour tenter de sauvegarder un accord historique, signé le 26 septembre et rejeté à la surprise générale par référendum début octobre.

Ce rejet de l'accord conclu au terme de quatre ans d'âpres négociations à Cuba a empêché sa mise en application, qui visait à mettre fin à un conflit armé de plus d'un demi-siècle, le plus ancien d'Amérique latine.

Le texte initial prévoyait que les Farc déposent les armes et deviennent un parti politique, mais le camp du "non" en Colombie, mené par l'ex-président Alvaro Uribe, prônait des sanctions plus sévères pour les ex-guérilleros.

"Le nouvel accord doit constituer un compromis entre tous les Colombiens qui contribue à dépasser la polarisation et rassemble toutes les expressions politiques et sociales", indiquent les négociateurs.

Ces derniers ont précisé que le détail des modifications contenues dans ce nouvel accord serait mis en ligne dans la soirée sur le site www.mesadeconversaciones.com.co, tandis que la publication du texte complet de l'accord interviendra "dans les prochains jours".

- 'On a pu le faire!' -

"Nous sommes convaincus que ce document propose des chemins viables" , a souligné devant la presse le chef négociateur de la partie gouvernementale, Humberto de la Calle, signataire de l'accord avec son homologue des Farc, Ivan Marquez.

Ce dernier a quant à lui assuré que la guérilla avait fourni "un effort plus important pour répondre aux aspirations à la paix" et que "le seul chemin que doit prendre le nouvel accord est son application".

Les parties n'ont pas précisé si une consultation serait à nouveau organisée pour valider cet accord remanié, qui vise à mettre fin à un conflit qui a fait officiellement 260.000 morts, près de 7 millions de déplacés et quelque 45.000 disparus.

Le président Juan Manuel Santos, lauréat du prix Nobel de la paix cette année pour ses efforts en faveur de la résolution du conflit colombien, a reçu samedi le chef de file du "Non", Alvaro Uribe.

Après la rencontre, M. Uribe a annoncé avoir demandé au président de veiller à ce que ce nouvel accord "n'ait pas de portée définitive" et qu'il soit "porté à la connaissance des porte-voix du +Non+ et des victimes" avant d'être appliqué.

Samedi soir, des dizaines de personnes scandaient "On a pu le faire! On a pu le faire!" sur la grande place Bolivar à Bogota, où un "campement pour la paix" était installé depuis un mois.

A Washington, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a "félicité" les signataires et salué un "pas important" vers la paix, tout en soulignant qu'"aucun accord de paix ne peut satisfaire tout le monde dans tous ses détails".

En parallèle des discussions avec les Farc, le gouvernement colombien devait ouvrir fin octobre des pourparlers de paix avec la seconde guérilla du pays, l'Armée de libération nationale (ELN). Mais le processus a été suspendu par le gouvernement, qui exige préalablement la libération d'un ex-député retenu prisonnier par l'ELN.

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