POLITIQUE
09/11/2016 09:52 EST | Actualisé 09/11/2016 11:38 EST

Élection de Trump: Couillard tente de calmer les craintes sur l'économie (VIDÉO)

QUÉBEC – Malgré les positions protectionnistes du président élu, Philippe Couillard se veut rassurant sur les conséquences de l’élection de Donald Trump pour l’économie québécoise.

Le premier ministre a d’abord pris acte du résultat des élections américaines mercredi, bien qu’il ait déclaré sa préférence pour Hillary Clinton la veille. «L’électorat américain s’est prononcé, l’électorat est souverain, a déclaré Philippe Couillard. La victoire de monsieur Trump est claire. À ce titre, donc, au nom du gouvernement, je le félicite pour sa victoire.»

Toutefois, l’élection de Donald Trump «ouvre une période d’incertitude et d’instabilité potentielle» sur l’économie, estime Philippe Couillard.

Au cours de sa campagne, le candidat républicain s’est notamment prononcé contre le traité de libre-échange nord-américain, l’ALENA.

«Je note cependant que le discours du président élu est déjà très différent, en termes de ton et de message, du discours du candidat, a souligné Philippe Couillard. Monsieur Trump a eu hier soir, dans son discours de victoire, un ton très rassembleur, qui veut unifier les Américains autour d’un projet commun. Je crois que c’est de bon augure.»

Le premier ministre rappelle que les économies canadienne et américaine sont «fortement intégrées». «Je pense que c’est 34 états américains, c’était mentionné ce matin, dont le premier partenaire commercial, c’est le Canada, dit-il. Alors, je ne m’attends pas à des perturbations majeures.»

Le renouvellement en cours de l’accord sur le bois d’œuvre sera au cœur des préoccupations de Québec dans les relations avec la nouvelle administration américaine.

Pour sa part, le chef péquiste Jean-François Lisée s’est inquiété de l’impact de l’élection américaine sur la lutte aux changements climatiques. «Je pense que la principale victime de l'élection d'hier, c'est la lutte contre le réchauffement planétaire, a-t-il dit mercredi matin. Monsieur Trump fait partie de ceux qui croient que ça n'existe pas et que le gouvernement américain ne devrait pas investir pour empêcher l'augmentation des gaz à effet de serre et c'est donc un recul majeur d'une ou deux décennies.»

Quant à l’ALENA, Jean-François Lisée estime lui aussi que les deux économies sont désormais trop imbriquées pour revenir à l’époque des barrières tarifaires. De plus, les lobbys américains feront pression pour maintenir la libre circulation des biens, croit le chef péquiste. «Alors, je pense que ce n'est pas dans les cartes et qu'un certain réalisme économique va s'imposer et qu'on n'est pas dans les priorités américaines», dit-il.