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08/11/2016 17:37 EST | Actualisé 09/11/2017 00:12 EST

Trump ou Clinton ? Suspense tendu

Le suspense sur le résultat de l'élection présidentielle américaine s'est durci mardi soir, une victoire de Donald Trump semblant possible en Floride, Etat-clé sans lequel il lui serait impossible d'emporter la Maison Blanche.

Deux heures après la fermeture des bureaux de vote en Caroline du Nord et dans l'Ohio, deux des Etats-clés les plus importants après la Floride, les résultats étaient aussi trop serrés pour déclarer un vainqueur.

En Géorgie, Virginie et Pennsylvanie, il était aussi impossible d'avancer un pronostic, selon les estimations des chaînes de télévision. M. Trump était cependant donné en tête en Virginie et dans l'Ohio.

La démocrate Hillary Clinton, 69 ans, qui espère devenir la première femme présidente des Etats-Unis, et le républicain Donald Trump, 70 ans, ont engrangé sans surprise leurs premières victoires dans des Etats traditionnellement acquis à leur parti.

Plus de 200 millions d'Américains étaient appelés aux urnes mardi pour choisir le successeur de Barack Obama, qui quittera la Maison Blanche le 20 janvier après huit années au pouvoir.

Mme Clinton l'a emporté dans le minuscule Vermont (Etat dont Bernie Sanders, son ancien opposant aux primaires est sénateur), dans l'Illinois, le New Jersey, le Maryland, tous traditionnellement démocrates.

Donald Trump est notamment arrivé en tête dans l'Indiana, le Kentucky, la Virginie occidentale, la Caroline du Sud, l'Alabama, le Texas, l'Arkansas, tous traditionnellement républicains, selon les premiers résultats des chaînes de télévision américaines.

L'objectif des deux candidats: franchir le cap crucial des 270 grands électeurs, requis pour être élu président de la première puissance mondiale.

M. Trump en avait 138 et Mme Clinton 104 à 02H15 GMT, selon un décompte de l'AFP.

Les marchés réagissaient très négativement à la possibilité d'une président Trump: la Bourse de Tokyo chutait de 2,23% à la mi-journée de mercredi.

- répercussions mondiales -

Cette élection aura des répercussions bien au delà des frontières américaines, et le monde était aussi suspendu à son résultat.

Hillary Clinton est arrivée à New York en début de soirée, pour affiner avec son équipe le discours qu'elle prononcera, quel que soit le verdict des urnes, dans un centre de conférences au toit de verre, le Javits Convention Center.

Le lieu, dans l'ouest de Manhattan, était pris d'assaut par ses supporteurs. Certains ont découvert après des heures d'attente à l'extérieur que leur billet ne leur permettrait de suivre le discours de la candidate que sur des écrans, à plusieurs centaines de mètres de la scène, dans l'immense centre de conventions.

"C'est le chaos", fulminait Matthew Thompson, 36 ans, venu avec son partenaire spécialement de La Nouvelle Orléans. "Je pourrais être chez moi où j'ai un écran plus grand".

Certains suivaient, anxieux, les premiers résultats sur les chaînes de télévision.

"J'espère qu'il y a plus d'Américains sains d'esprit que fous", disait Sharon Jones, 50 ans, venue de Chicago. Et si Donald Trump l'emportait mardi soir ? "Il paraît que le Canada c'est très beau au printemps", plaisantait-elle.

Donald Trump avait prévu de regarder les résultats depuis l'imposante Trump Tower à Manhattan. Son colistier Mike Pence y a été ovationné à son arrivée dans le hall d'entrée monumental. "USA! USA!" scandaient des supporteurs.

- Brexit -

Les premiers sondages sortis des urnes montrent que les Américains n'aimaient ni Mme Clinton (54% en ont une opinion défavorable), ni M. Trump (64%), selon NBC. Et 64% pensent que M. Trump n'a pas le caractère pour devenir président. Pour la plupart de ces électeurs, l'économie est le souci numéro un.

La campagne, particulièrement violente, faite souvent d'attaques personnelles, a laissé un goût amer dans un pays plus que jamais divisé, et a accru la méfiance des Américains envers leur classe politique.

Donald Trump avait lundi promis un "Brexit puissance trois", référence au vote surprise des Britanniques pour sortir de l'Union européenne.

Il a été brièvement hué lorsqu'il est allé voter dans une école près de la tour Trump où il habite sur la Ve avenue de New York.

Hillary Clinton a voté avec son mari près de leur domicile de Chappaqua, en banlieue nord de la ville.

"Tellement de gens comptent sur le résultat de cette élection, ce que ça signifie pour notre pays, et je ferai de mon mieux si j'ai la chance de gagner aujourd'hui", a-t-elle dit.

La démocrate compte sur les minorités, les électeurs blancs diplômés et sur les femmes qui constituent la majorité de l'électorat (environ 52% lors des précédentes présidentielles).

Celle qui a été tour à tour Première dame, sénatrice de New York puis chef de la diplomatie américaine, présente un CV impressionnant, mais sa personnalité suscite peu d'enthousiasme.

Donald Trump, volontiers brutal, souvent imprévisible, a galvanisé un électorat blanc modeste qui se sent laissé pour compte face à la mondialisation et aux changements démographiques.

Candidat improbable que personne n'avait vu venir, le tribun populiste s'est présenté comme l'outsider déterminé à mettre fin à la corruption des élites politiques qui ont selon lui "saigné le pays à blanc".

Accusé de xénophobie et de sexisme par ses adversaires, cet ancien animateur vedette d'une émission de télé-réalité n'a jamais occupé le moindre mandat électif.

Avant mardi, quelque 42 millions d'Américains avaient déjà profité des possibilités du vote anticipé.

Les Américains votaient aussi mardi pour renouveler 34 des 100 sièges du Sénat à Washington. Les républicains ont par ailleurs conservé leur majorité à la Chambre des représentants.

Le sénateur Marco Rubio, ancien rival de M. Trump aux primaires, a conservé son siège.

Douze des 50 Etats américains élisent aussi de nouveaux gouverneurs, et des dizaines de référendums locaux sont organisés, sur des questions allant de la légalisation de la marijuana à la suppression de la peine de mort dans une trentaine d'Etats.

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