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08/11/2016 15:37 EST | Actualisé 09/11/2017 00:12 EST

Trump ou Clinton? A Londres et Paris, les Américains retiennent leur souffle

"Je ne veux pas qu'il incarne les Etats-Unis": à Londres et Paris, les Américains, souvent pro-Clinton, retenaient leur souffle mardi soir dans l'attente de l'annonce des résultats de leur élection présidentielle.

"J'ai voté pour Hillary. Je ne suis pas forcément d'accord avec tout ce qu'elle dit mais c'est la plus qualifiée pour le job", lâche d'emblée Alex, 24 ans, étudiant en Relations internationales au King's College de Londres originaire de Chicago.

Une élection de Donald Trump bouleverserait-elle les Etats-Unis? "Je ne pense pas que ce serait forcément une catastrophe, mais ça changerait beaucoup de choses", estime-t-il, assis sur une banquette du "Lexington", un pub du quartier d'Angel retransmettant la soirée électorale.

"Je ne veux pas que l'on voie mon pays comme faisant un énorme pas en arrière", poursuit-il. "Je ne veux pas cette image haineuse de mon pays. Je ne veux pas qu'il incarne les Etats-Unis".

Derrière lui, accoudé au comptoir, James O'Fathaigh, 26 ans, est tout aussi catégorique: "Donald Trump est le candidat le plus vile, répugnant et inquiétant que j'ai connu", tranche cet autre étudiant du King's College de Londres, originaire de Virginie.

Lui aussi espère qu'Hillary Clinton sera élue. Parmi la "trentaine" d'Américains qu'il connaît à Londres, aucun n'a voté pour Donald Trump, croit-il savoir.

"Elle est expérimentée. J'espère qu'elle va l'emporter, mais je refuse de faire des prédictions", sourit Emily Potter, dans un autre pub, le "Rileys", près de Piccadilly Circus, où dix écrans diffusent la soirée électorale.

- 'Un glacier nord-coréen' -

Autocollant pro-Clinton sur sa veste, elle aussi redoute une élection de Donald Trump, même s'"il ne sera pas en mesure de construire le mur avec le Mexique". "Mais il incarnera quand même notre pays", redoute-t-elle.

A Paris, comme à chaque élection, une petite foule d'Américains s'était pressée au Harry's New York Bar, institution depuis 1911. Le bar a lancé mercredi son traditionnel "vote blanc" pour la présidentielle américaine, dont les résultats étaient attendus mardi soir.

Ce "straw poll" (littéralement vote de paille) remonte à 1924. Faute de pouvoir voter par procuration, les Américains expatriés dans la ville lumière voulait à l'époque avoir leur mot à dire - même symbolique - dans l'élection de leur président. Et jusqu'ici, le Harry's a presque toujours "élu" le vainqueur de l'élection américaine, sauf en 1976 quand le démocrate Jimmy Carter l'avait emporté, et en 2004 lorsque le républicain George W. Bush avait été réélu.

"Je vois Trump comme le cancer et Clinton comme la gonorrhée. Mais vous pouvez survivre à un cancer", lâche Robert Woodruff Smith, 50 ans, habitué du Harry's Bar depuis 1989.

Comme beaucoup d'Américains opposés au candidat républicain, lui aussi peine à s'enthousiasmer pour la démocrate.

Dans la salle, un Français, recouvert d'un drapeau américain, s'amuse du choix soumis aux électeurs américains. Deux candidats ne sont pas assez, juge Frédéric Robert, agent immobilier : "C'est mieux ici... La France a cette capacité à produire un buffet entier (de candidats, NDLR). Le problème avec les Etats-Unis, c'est qu'on dirait un glacier nord-coréen: vous n'avez qu'un parfum".

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