NOUVELLES
07/11/2016 19:48 EST | Actualisé 08/11/2017 00:12 EST

Trois mineurs palestiniens condamnés à plus de 10 ans de prison en Israël

L'attaque qui a fait le plus de vagues depuis l'automne dernier, et les centaines commises depuis lors, avait été perpétrée par deux cousins âgés alors de 13 et 15 ans, Ahmed et Hassan Manasra, le 12 octobre 2015. Ils s'en sont pris à deux jeunes juifs, dont un enfant de 12 ans, de la colonie de Pisgat Zeev, dans Jérusalem-Est, la partie palestinienne de la ville annexée par Israël.

Le plus âgé des deux assaillants - originaires de Jérusalem-Est - avait été tué alors qu'il tentait de s'enfuir. Son cousin, Ahmed, qui avait été blessé, a été condamné à 12 ans de prison.

Les images de l'attaque captées par une vidéosurveillance et celles montrant l'un des agresseurs se jeter sur des policiers avant qu'ils ne lui tirent dessus pour l'arrêter ont largement circulé sur les réseaux sociaux.

Décision contestée

Le président palestinien, Mahmoud Abbas, a vu dans ce jugement une nouvelle illustration de la « justice sommaire » rendue par les Israéliens. Il est allé jusqu'à accuser Israël d'exécuter des enfants.

Le gouvernement israélien s'en était défendu en publiant des photos d'Ahmed Manasra recevant des soins à l'hôpital.

En plus de la peine de 12 ans de prison, l'adolescent a été condamné à verser au total 180 000 shekels (63 000 $CAN) aux deux victimes, selon son avocate, Lea Tsemel, qui entend porter la cause en appel.

L'accusé est mineur, mais comme il a attenté à la vie humaine, il n'y avait pas d'autre choix que de l'envoyer derrière les barreaux, selon le représentant de l'accusation, Yuval Keidar.

Ahmed Manasra avait plaidé non coupable, affirmant ne pas être l'auteur des coups de couteau et avoir seulement voulu effrayer les victimes.

La présidence de l'Autorité palestinienne s'est insurgée contre ce jugement et a indiqué, par voie de communiqué, qu'il allait à l'encontre du droit international et des conventions qui appellent à la protection des enfants.

Du côté de l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch, on juge que des peines aussi sévères soulèvent des questions quant à l'engagement d'Israël à œuvrer dans le sens des standards internationaux qui stipulent que tous les efforts doivent aller vers la réhabilitation des enfants jugés.

Deux autres adolescents palestiniens de 15 et 17 ans ont été condamnés, lundi, à 11 ans de prison pour avoir blessé au couteau un juif dans la vieille ville de Jérusalem, le 30 janvier.

Par ailleurs, une Palestinienne de 32 ans a écopé de la même peine pour tentative de commettre un attentat-suicide à la voiture piégée, en octobre 2015.