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08/11/2016 11:54 EST | Actualisé 09/11/2017 00:12 EST

Les enfants italiens devraient pouvoir porter aussi le nom de leur mère (Cour)

Les enfants italiens issus de couples mariés devraient pouvoir aussi porter le nom de leur mère et non pas automatiquement celui de leur père, selon une décision de la Cour constitutionnelle rendue publique mardi.

"La Cour déclare illégales les règles stipulant d'automatiquement attribuer le nom du père pour la reconnaissance des enfants, si les parents le souhaitent autrement", souligne l'institution dans une déclaration.

La Cour avait été saisie par une cour d'appel de Gênes (nord) sur le cas d'un couple italo-brésilien, des parents qui souhaitaient donner à leur fils leurs deux noms de famille, comme c'est la coutume en Espagne et dans la plupart des pays d'Amérique latine et comme cela devient de plus en plus fréquent chez les jeunes couples en Europe du Nord et en Amérique du Nord.

Les avocats du couple faisaient valoir que l'impossibilité pour l'enfant d'avoir les noms de ses deux parents enfreignait le principe de l'égalité des sexes.

La décision de la Cour a été saluée par tous ceux qui militent en faveur de la suppression de ces pratiques relevant à leurs yeux d'idées patriarcales.

Une incertitude planait toutefois mardi sur le fait de savoir si la décision de la Cour permet désormais aux parents italiens de donner un double nom à leurs enfants ou si le principe de l'égalité entre les sexes ne donne que le droit de choisir entre le nom du père et celui de la mère.

La Cour n'a pas rendu public pour le moment le texte de sa décision.

Quoi qu'il en soit, les partisans d'un changement considèrent qu'il est aujourd'hui urgent de mettre en place une législation claire, après des décennies de blocage au parlement sur le sujet.

Une loi dans ce sens avait été proposée il y a quarante ans pour la première fois. Un projet de loi avait même été voté par la Chambre des députés avant d'être bloqué au Sénat des années durant.

"La Cour constitutionnelle a pris une décision d'une grande importance pour notre société", s'est félicitée la députée Fabrizia Giuliani, du Parti démocrate (PD, centre gauche), la formation du chef du gouvernement italien Matteo Renzi.

"Le Sénat n'a plus aucune excuse pour ne pas abolir cet anachronisme et accorder aux femmes leur droit en la matière", a-t-elle ajouté.

Reste à voir si les choses changeront rapidement. La Cour constitutionnelle avait estimé dès 2006 que l'attribution automatique du nom du père était contraire au principe de l'égalité entre les sexes.

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