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08/11/2016 13:34 EST | Actualisé 09/11/2017 00:12 EST

Les Américains choisissent leur 45e président mardi

WASHINGTON — Provocant et méfiant jusqu'à l'isoloir, Donald Trump a encore refusé, mardi matin, de déclarer explicitement qu'il concéderait la victoire à son adversaire s'il était défait.

En allant voter avec ses proches, à Manhattan, le candidat républicain à la présidentielle américaine a simplement lancé: «nous verrons bien», avant de réitérer sa crainte de présumées fraudes électorales. M. Trump a souvent martelé cette question d'«élection truquée», surtout depuis quelques semaines, sans jamais l'étayer.

Dans une entrevue à la chaîne Fox, mardi, il a encore répondu: «Il faudra voir comment les choses se déroulent».

De leur côté, les Américains semblent généralement confiants à l'égard du processus électoral. Selon un sondage à la sortie de l'urne mené par l'Associated Press et des réseaux de télévision, environ la moitié des électeurs sont très confiants et le tiers étaient relativement confiants. Moins de deux électeurs sur dix n'étaient pas très confiants ou pas du tout confiants.

Déjà, au Nevada, le camp républicain a déposé une poursuite pour des «irrégularités» qui auraient été signalées dans des bureaux de vote par anticipation de la région de Las Vegas. On conteste le fait que quatre bureaux sont restés ouverts plus tard que prévu vendredi dernier pour accommoder ceux qui faisaient déjà la file. L'équipe de Mme Clinton a qualifié cette poursuite de «frivole».

Mais mardi matin, M. Trump espérait bien l'emporter, citant «l'enthousiasme extraordinaire» de ses partisans partout au pays — et même à l'étranger.

Selon les sondages à la sortie des urnes, la moitié des répondants ont indiqué qu'ils avaient voté avec enthousiasme pour l'un des candidats. Le quart des répondants ont ainsi avoué qu'ils n'avaient pas voté pour un candidat mais plutôt contre un autre. En 2012, près des deux tiers des électeurs disaient avoir appuyé avec conviction un candidat.

Le président Barack Obama, lui, a indiqué que sa confiance dans le peuple américain n'était pas ébranlée — à condition que les gens prennent la peine d'aller voter, a-t-il insisté. M. Obama, qui a voté le mois dernier à Chicago, a respecté son rituel de jour de scrutin: il a joué au basket-ball avec des amis, à la Maison-Blanche.

Les États-clés

Des dizaines de millions d'Américains se rendent aux urnes mardi pour choisir leur 45e président, au terme d'une campagne électorale de 18 mois. Les premiers bureaux de scrutin fermeront leurs portes à 19 h, notamment en Georgie et en Virginie. Les résultats sont attendus après 19 h 30 dans les États-clés de la Caroline du Nord et de l'Ohio. En vertu de ce scrutin «indirect», le futur locataire de la Maison-Blanche doit recueillir l'appui d'au moins 270 «grands électeurs» du collège électoral.

La Floride et la Pennsylvanie, deux États que le candidat républicain Donald Trump doit absolument remporter s'il veut garder espoir de se rendre jusqu'à la Maison-Blanche, commenceront à annoncer leurs couleurs vers 20 h. L'Arizona, le Wisconsin, le Michigan et plusieurs autres feront de même une heure plus tard.

La victoire de la candidate démocrate Hillary Clinton sera pratiquement assurée si elle l'emporte en Floride ou en Pennsylvanie. M. Trump, en revanche, a besoin de gains en Floride, dans l'Ohio, en Caroline du Nord, en Arizona, puis au Michigan ou en Pennsylvanie. Ces deux derniers États n'ont pas voté pour un candidat républicain depuis des décennies.

Le vainqueur ne sera probablement annoncé que vers 23 h, quand la Californie et quatre autres États dévoileront l'issue du vote chez eux.

Gaspillage de temps ?

Mme Clinton et son mari, l'ancien président Bill Clinton, ont voté un peu avant 8 h à Chappaqua, dans l'État de New York. «Je connais bien toutes les responsabilités qui (accompagnent la présidence), a dit la candidate démocrate. Il y a tellement de gens qui comptent sur l'issue de cette élection, ce que ça veut dire pour notre pays, et je ferai vraiment de mon mieux si j'ai la chance de l'emporter aujourd'hui.»

Lors d'une entrevue accordée au réseau Fox tôt mardi matin, M. Trump a prédit qu'il «remportera plusieurs États», avant d'admettre: «Qui sait comment ça finira ultimement?».

«Si je ne l'emporte pas, tout ça n'aura été qu'un gaspillage monumental de temps, d'énergie et d'argent», a-t-il dit.

M. Trump prétend avoir investi 100 millions $ US de son propre argent dans sa campagne, mais les chiffres officiels démontrent qu'il y a plutôt contribué à hauteur d'environ 66 millions $ US.

Il a ensuite déclaré vouloir exploiter tout le potentiel des États-Unis. «Je vois tellement d'espoirs et de rêves qui ne se sont jamais concrétisés, qui auraient pu se concrétiser, avec du leadership, avec du bon leadership, a-t-il lancé. Et les gens souffrent tellement.»

Pour sa part, le candidat démocrate à la vice-présidence, Tim Kaine, a assuré mardi sur les ondes du réseau ABC que Mme Clinton et lui l'emporteront s'ils décrochent l'un des États «échec et mat» — la Caroline du Nord, la Floride, l'Ohio et la Pennsylvanie. Il a ensuite demandé aux électeurs de ne pas faire preuve de complaisance, en rappelant que «la démocratie fonctionne le mieux quand la population participe».