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08/11/2016 08:42 EST | Actualisé 09/11/2017 00:12 EST

France : l'ex-ministre français Emmanuel Macron bientôt candidat

Toutes les conditions sont désormais "réunies" et l'ancien ministre français Emmanuel Macron "se déclarera avant le 10 décembre" pour la présidentielle de 2017, a déclaré mardi à l'AFP l'entourage de celui qui espère incarner le renouveau avec un discours "ni à gauche, ni à droite".

Le calendrier de l'annonce officielle reste à déterminer mais le compte à rebours a commencé : l'ancien protégé du président socialiste François Hollande réunira le 10 décembre ses soutiens au cours d'un grand meeting, "a priori" à Paris. Il dévoilera progressivement son projet d'ici là, avec, dès jeudi, une présentation de ses "solutions" sur le plan social à l'hebdomadaire de gauche "l'Obs".

L'entrée en lice de celui qui a naguère travaillé à la banque d'affaires Rothschild, puis a été ministre de l'Economie entre 2014 et 2015, risque d'accentuer la fragmentation de la gauche française, à laquelle les sondages prédisent une défaite dès le premier tour de la présidentielle, le 27 avril prochain, face à une extrême droite conquérante et une droite décidée à revenir à l'Elysée.

Avec Emmanuel Macron sur le créneau réformiste, Jean-Luc Mélenchon à l'extrême gauche et des écologistes décidés à faire cavalier seul, l'espace se réduit pour les socialistes qui n'ont pas encore désigné leur candidat. Le très impopulaire président Hollande a prévu d'attendre début décembre pour se déclarer, il devra ensuite passer par le filtre d'une primaire prévue pour janvier.

Emmanuel Macron, OVNI de la politique, bardé de diplômes mais qui n'a jamais affronté une élection, avait posé en mars les jalons de sa candidature, en créant le mouvement "En marche" qui a depuis été structuré en 1.700 comités locaux, compte plus 93.000 membres et a collecté 2,8 millions d'euros de dons.

Il jouit de 49% de bonnes opinions, selon un sondage publié mardi. Son discours transpartisan plaît notamment aux jeunes urbains et aux milieux d'affaires.

Il vise à "trouver le chemin de la réconciliation entre les deux France, celle qui vit la mondialisation et les grandes transformations à l'oeuvre comme une chance et celle qui en a peur", ainsi qu'il l'a récemment expliqué au site internet d'information Mediapart.

Cet ancien haut-fonctionnaire formé dans les écoles de l'élite doit sa carrière gouvernementale à François Hollande qui avait fait de lui une pièce maîtresse de l'exécutif. Le chef de l'Etat avait repéré et nommé, fin août 2014, cet ancien secrétaire général adjoint et conseiller économique à l'Elysée au ministère de l'Economie où il a porté un discours social-libéral pendant deux ans avant de démissionner fin août.

Il a laissé derrière lui la "loi Macron", pensée, selon ses mots, pour soigner "les trois maladies" de la France, "la défiance, la complexité et le corporatisme". Le terme "cars Macron" - lignes inter-régionales apparues en août 2015 après l'ouverture au privé du marché des transports en commun routiers- est passé dans le vocabulaire courant.

- 'J'ai été entravé' -

Depuis sa démission, il cherche à se distancier du gouvernement. "La deuxième année (au ministère), j'ai été entravé dans l'exercice de mes fonctions puisque des projets que je portais ont été abandonnés", a-t-il dit à Mediapart.

Faute de programme, le "socle idéologique" sur lequel il veut fonder son action se précise au fil de ses interviews et déplacements sur le terrain.

"Cela ne sert à rien de faire des propositions si on ne se met pas d'accord sur les fondations", argumente-t-il.

Sur le plan économique et social, il veut simplifier "des normes trop rigides, trop nombreuses" qui brident les énergies. Avec un taux de chômage de 10% et de nombreux salariés en contrats précaires, il soutient, à rebours des positions traditionnelles de la gauche, que le système de protection sociale mis en place après la Deuxième guerre mondiale "n'est plus efficace et n'est plus juste".

Sur les questions de société, il assume des positions libérales. Il s'est opposé au projet de déchéance de nationalité pour les bi-nationaux condamnés pour terrorisme porté par François Hollande.

Sur l'accueil des migrants, il estime que le chef de l'Etat manque d'un "discours de sens" pour dire que l'identité de la France s'est construite "sur l'universalisme".

Et il s'oppose au Premier ministre Manuel Valls qui a demandé aux musulmans d'être discrets dans l'espace public, soutenant que la laïcité "c'est une liberté, pas un principe de fermeture et d'interdiction".

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