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08/11/2016 08:25 EST | Actualisé 09/11/2017 00:12 EST

Erdogan porte plainte contre le principal parti d'opposition pour insulte

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a porté plainte mardi contre le principal parti d'opposition, l'accusant de l'avoir insulté en dénonçant "un coup d'Etat autoritaire" contre les médias et l'opposition, selon l'agence progouvernementale Anadolu.

La plainte a été déposée par son avocat contre tous les députés du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), dont le chef du parti Kemal Kilicdaroglu, selon cette source. Le parquet doit désormais décider s'il ouvre ou non une enquête.

"La Turquie traverse un sombre coup d'Etat autoritaire organisé par le palais présidentiel" après le putsch avorté du 15 juillet, avait affirmé lundi le CHP après une réunion du parti présidée par Kemal Kilicdaroglu. "La situation politique actuelle constitue une menace sérieuse contre la liberté de notre peuple et l'avenir de notre pays", a-t-il ajouté.

Kemal Kilicdaroglu avait pourtant pris, dans un premier temps, la défense d'Erdogan après le putsch manqué. Le président turc avait alors retiré les plaintes déposées contre le chef du CHP qui l'avait notamment qualifié de "dictateur de pacotille".

Des milliers de Turcs, simples citoyens, journalistes et même une ancienne Miss Turquie, ont été poursuivis, ces dernières années, pour insulte présumée contre le président Erdogan mais la plupart des plaintes ont été classées.

Cette nouvelle plainte intervient après l'arrestation vendredi de 10 députés du principal parti prokurde HDP, dont les deux coprésidents, dans le cadre d'une enquête "antiterroriste" liée au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Le HDP a annoncé dimanche se retirer de toute activité au Parlement pour protester contre un niveau de répression qu'il juge sans précédent.

Selahattin Demirtas, l'un des deux coprésidents, a affirmé mardi de sa cellule, dans un message retransmis par son parti, qu'il se considérait comme "pris en otage (...) dans le cadre d'un coup d'Etat civil".

"C'est une nouvelle avancée de ceux qui, pas à pas, mettent en oeuvre plusieurs complots pour consolider le pouvoir d'un seul homme", a-t-il ajouté.

Samedi, neuf salariés du principal quotidien d'opposition Cumhuriyet, dont son rédacteur en chef, avaient aussi été placés en détention, accusés de liens à la fois avec le prédicateur Fethullah Gülen - accusé d'avoir ourdi le putsch raté - et avec le PKK.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a mis en doute mardi la volonté turque d'adhérer à l'UE, déplorant que ce pays "chaque jour s'éloigne de l'Europe", dans une référence aux vastes purges menées par le régime.

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