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08/11/2016 14:56 EST | Actualisé 09/11/2017 00:12 EST

Élection présidentielle: les premiers résultats sont dévoilés

WASHINGTON — Les premiers résultats de l'élection présidentielle ont été annoncés et c'est le républicain Donald Trump qui compte le plus de grands électeurs jusqu'ici.

En début de soirée, le milliardaire avait raflé trois États: le Kentucky, l'Indiana et la Virginie occidentale, ce qui lui fait un total de 24 grands électeurs. Ces victoires ne sont toutefois pas des surprises, puisque ces trois États avaient voté républicain en 2012. L'Indiana avait opté pour le Parti démocrate en 2008, mais les deux autres États sont colorés de rouge depuis plusieurs années.

De son côté, la démocrate Hillary Clinton a remporté le Vermont comme tous ses prédécesseurs depuis 1992. Elle gagne donc trois votes du collège électoral.

L'élection présidentielle américaine pleine de rebondissements qui perdure depuis des mois approche de sa fin, alors que les électeurs de certains États n'avaient encore que quelques minutes pour choisir entre Hillary Clinton et Donald Trump.

Des dizaines de bureaux de scrutin ont déjà fermé leurs portes, dont la Georgie et la Virginie — un État où Hillary Clinton espère faire une percée, ce qui n'est pas étranger au choix de son colistier, Tim Kaine, qui est sénateur de la Virginie.

Les résultats de l'important État de la Floride commençaient aussi à sortir. Les candidats sont actuellement au coude-à-coude, mais selon le politologue Rafael Jacob, Hillary Clinton va sûrement l'emporter puisqu'elle performe mieux que le président Obama en 2012, qui avait gagné cet État.

La victoire de Hillary Clinton sera pratiquement assurée si elle l'emporte en Floride ou en Pennsylvanie. M. Trump, en revanche, a besoin de gains en Floride, dans l'Ohio, en Caroline du Nord, en Arizona, puis au Michigan ou en Pennsylvanie. Ces deux derniers États n'ont pas voté pour un candidat républicain depuis des décennies.

Le vainqueur ne sera probablement annoncé que vers 23 h, quand la Californie et quatre autres États dévoileront l'issue du vote chez eux.

Hillary Clinton, qui pourrait devenir la première femme à occuper le poste de présidente, semblait bénéficier d'une avance selon les sondages et la distribution traditionnelle des grands électeurs. Le milliardaire Donald Trump devra accumuler les victoires dans les États clés pour remporter les 270 grands électeurs nécessaires pour gagner l'élection.

Le contrôle du Sénat est aussi en jeu, alors que les démocrates devront arracher quatre sièges pour obtenir la majorité dans la chambre. Pour l'instant, les démocrates n'ont fait aucun gain.

Le 45e président des États-Unis devra rassembler un peuple profondément anxieux sur l'économie et la sécurité du pays.

Hillary Clinton a demandé aux électeurs de garder les démocrates à la Maison-Blanche pour un troisième mandat consécutif. Elle prévoit poursuivre dans la même lancée que le président Barack Obama, notamment sur les soins de santé et sur la règlementation des armes à feu.

Mme Clinton et son mari, l'ancien président Bill Clinton, ont voté un peu avant 8 h à Chappaqua, dans l'État de New York. «Je connais bien toutes les responsabilités qui (accompagnent la présidence), a dit la candidate démocrate. Il y a tellement de gens qui comptent sur l'issue de cette élection, ce que ça veut dire pour notre pays, et je ferai vraiment de mon mieux si j'ai la chance de l'emporter aujourd'hui.»

Le message de son adversaire, Donald Trump a trouvé écho chez les travailleurs blancs qui se sentent isolés dans une économie changeante et un pays de plus en plus diversifiés.

Lors d'une entrevue accordée au réseau Fox tôt mardi matin, M. Trump a prédit qu'il «remportera plusieurs États», avant d'admettre: «Qui sait comment ça finira ultimement?».

«Si je ne l'emporte pas, tout ça n'aura été qu'un gaspillage monumental de temps, d'énergie et d'argent», a-t-il dit.

M. Trump prétend avoir investi 100 millions $ US de son propre argent dans sa campagne, mais les chiffres officiels démontrent qu'il y a plutôt contribué à hauteur d'environ 66 millions $ US.

Il a ensuite déclaré vouloir exploiter tout le potentiel des États-Unis. «Je vois tellement d'espoirs et de rêves qui ne se sont jamais concrétisés, qui auraient pu se concrétiser, avec du leadership, avec du bon leadership, a-t-il lancé. Et les gens souffrent tellement.»

Provocant et méfiant jusqu'à l'isoloir, Donald Trump a encore refusé, mardi matin, de déclarer explicitement qu'il concéderait la victoire à son adversaire s'il était défait.

En allant voter avec ses proches, à Manhattan, le candidat républicain à la présidentielle américaine a simplement lancé: «nous verrons bien», avant de réitérer sa crainte de présumées fraudes électorales. M. Trump a souvent martelé cette question d'«élection truquée», surtout depuis quelques semaines, sans jamais l'étayer.

Dans une entrevue à la chaîne Fox, mardi, il a encore répondu: «Il faudra voir comment les choses se déroulent».

De leur côté, les Américains semblent généralement confiants à l'égard du processus électoral. Selon un sondage à la sortie de l'urne mené par l'Associated Press et des réseaux de télévision, environ la moitié des électeurs sont très confiants et le tiers étaient relativement confiants. Moins de deux électeurs sur dix n'étaient pas très confiants ou pas du tout confiants.

Déjà, au Nevada, le camp républicain a déposé une poursuite pour des «irrégularités» qui auraient été signalées dans des bureaux de vote par anticipation de la région de Las Vegas. On conteste le fait que quatre bureaux sont restés ouverts plus tard que prévu vendredi dernier pour accommoder ceux qui faisaient déjà la file. L'équipe de Mme Clinton a qualifié cette poursuite de «frivole».

Mais mardi matin, M. Trump espérait bien l'emporter, citant «l'enthousiasme extraordinaire» de ses partisans partout au pays — et même à l'étranger.

Selon les sondages à la sortie des urnes, la moitié des répondants ont indiqué qu'ils avaient voté avec enthousiasme pour l'un des candidats. Le quart des répondants ont ainsi avoué qu'ils n'avaient pas voté pour un candidat mais plutôt contre un autre. En 2012, près des deux tiers des électeurs disaient avoir appuyé avec conviction un candidat.

Le président Barack Obama, lui, a indiqué que sa confiance dans le peuple américain n'était pas ébranlée — à condition que les gens prennent la peine d'aller voter, a-t-il insisté. M. Obama, qui a voté le mois dernier à Chicago, a respecté son rituel de jour de scrutin: il a joué au basket-ball avec des amis, à la Maison-Blanche.