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08/11/2016 05:49 EST | Actualisé 09/11/2017 00:12 EST

Brexit : l'Ecosse veut être entendue devant la Cour Suprême

L'Ecosse veut défendre devant la Cour Suprême la décision de la Haute Cour de Londres, contestée par le gouvernement britannique, d'autoriser une consultation du parlement avant le lancement officiel du divorce avec l'Union européenne, a annoncé mardi à Edimbourg la Première ministre Nicola Sturgeon.

"Je confirme aujourd'hui que le Lord Advocate (le chef du parquet écossais : NDLR) va déposer une demande auprès de la Cour Suprême pour intervenir dans la procédure d'appel lancée par le gouvernement britannique après la décision de la Haute Cour sur l'article 50" du traité de Lisbonne qui lance la procédure de sortie de l'UE, a déclaré Nicola Sturgeon lors d'un point presse.

La Haute Cour a porté jeudi un coup au gouvernement conservateur britannique en statuant que les députés devaient voter sur le lancement du processus de sortie de l'UE. Cette décision a suscité la colère des partisans du Brexit, inquiets du risque de torpillage par des parlementaires pro-UE du processus que la Première ministre britannique Theresa May a déclaré vouloir lancer avant fin mars.

Le gouvernement britannique a immédiatement annoncé faire appel devant la Cour Suprême, qui doit se pencher sur ce recours début décembre.

Les juges de la Haute Cour "ont décidé sans ambiguïté que le gouvernement ne pouvait pas utiliser ses prérogatives royales pour retirer des droits inscrits dans la loi par le parlement britannique", a ajouté Nicola Sturgeon.

"Pour le gouvernement écossais, il est clair que l'activation de l'article 50 (du traité de Lisbonne) va affecter directement les intérêts et les droits en Ecosse", a ajouté la cheffe du parti national écossais (SNP). Elle a précisé que "ce n'était pas une tentative de bloquer le processus" de sortie de l'UE, mais l'expression "des voeux démocratiques des Ecossais" et de l'idée "que les positions du parlement national ne peuvent pas être simplement ignorées comme si elles ne comptaient pas".

Lors du référendum du 23 juin, si 52% des Britanniques s'étaient prononcés en faveur d'une sortie de l'UE, 62% des Ecossais ont eux voté pour que le Royaume-Uni y reste.

Mme Sturgeon a remis sur la table l'idée d'un référendum sur l'indépendance si les intérêts de l'Ecosse ne sont pas préservés dans le processus du Brexit.

Elle avait affirmé la semaine dernière, au moment de la décision de la Haute Cour, qu'"un vote du Parlement exposera au grand jour l'absence totale de plans sur ce que sera le Brexit".

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