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04/11/2016 08:18 EDT | Actualisé 04/11/2016 08:18 EDT

L'UPAC débarque à Saint-Léandre

Radio-Canada

Deux enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) ont rencontré il y a trois semaines le directeur général de Saint-Léandre, mais aussi des élus, dont l'ex-maire Jean-Pierre Chouinard, a appris Radio-Canada. L'UPAC enquête sur de présumées irrégularités dans les états financiers de la municipalité entre juin 2014 et juillet 2015, lorsque l'ex-directeur général, Benedict Fortin, était en fonction.

Un texte de Michel-félix Tremblay

Selon nos informations, des frais de déplacement jugés exagérés seraient au coeur de l'enquête. L'UPAC devra déterminer si l'ex-DG avait l'autorisation de se verser de tels frais, sans passer par le conseil municipal.

D'autres irrégularités auraient aussi été soulevées par l'actuel dg, André Marcil, auprès de l'UPAC. Les enquêteurs ont entre autres, rencontré l'ex-maire qui a démissionné en pleine tourmente le mois dernier, Jean-Pierre Chouinard. Une rencontre qui a duré plus de trois heures au poste de la Sûreté du Québec de Matane.

«Ils veulent avoir des documents que je n'ai pas moi.» – Jean-Pierre Chouinard

L'ex-maire avoue que la surveillance des frais de déplacement de l'ex-directeur général Benedict Fortin n'était pas particulièrement rigoureuse.

Jean-Pierre Chouinard, maire de Saint-Léandre entre novembre 2013 et octobre 2016

« Moi les frais de déplacement, je ne les ai pas vus », assure Jean-Pierre Chouinard.

L'ex-maire affirme qu'il n'est pas visé par cette enquête et il ignore si l'UPAC va revenir dans la région.

Autres allégations concernant Benedict Fortin, à l'autre bout du Québec

En 2013, Radio-Canada a appris que l'ex-directeur général de Saint-Léandre a été l'objet de démarches juridiques, plus tard abandonnées, après son passage comme directeur général de la municipalité d'Alleyn-et-Cawood, en Outaouais.

Selon nos informations, il n'aurait pas remboursé une somme de 2000 $ à son ex-employeur, soit la prime que lui avait versé la municipalité pour qu'il déménage à proximité de son nouvel emploi.

Benedict Fortin est demeuré en poste trois mois seulement avant de démissionner. Selon la municipalité, il aurait dû rembourser cette prime puisqu'il a quitté son poste dans l'année suivant son embauche.

Benedict Fortin, ex directeur-général de Saint-Léandre et propriétaire de l'église de Petit-Matane

Nous avons joint l'ex-propriétaire du logement qu'a occupé brièvement Benedict Fortin pendant l'hiver 2013, à Maniwaki. Benedict Fortin aurait quitté précipitamment le logis peu de temps après sa démission, sans laisser de trace. Ni la municipalité d'Alleyn-et-Cawood, ni le propriétaire du logement n'ont réussi à le retrouver. Joint au téléphone, le propriétaire en question affirme que Benedict Fortin était parti en laissant quantité de biens sur place.

La municipalité d'Alleyn-et-Cawood avait retenu les services d'un avocat pour récupérer les 2000 $, mais les démarches ont été abandonnées, car les frais d'avocat auraient été plus élevés que le montant réclamé. « On a avalé notre pilule », a confirmé la directrice générale de la municipalité au téléphone.

Après Saint-Léandre : Port-Menier

Jusqu'à cet été, l'ex-directeur général de Saint-Léandre visé par une enquête de l'UPAC a travaillé comme directeur de la Coopérative de consommation de l'île d'Anticosti. Nous avons appris qu'il n'est resté en poste que quelques mois, c'est-à-dire jusqu'à sa démission.

Il a été impossible de retracer Benedict Fortin depuis son départ de Port-Menier en juillet dernier. Impossible donc d'obtenir ses commentaires, ni de savoir si l'UPAC a réussi à l'interroger concernant son passage comme directeur général de Saint-Léandre.

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