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04/11/2016 08:48 EDT | Actualisé 05/11/2017 01:12 EDT

Un "passeport" universitaire pour les étudiants réfugiés à l'étude en Grèce

Casse-tête pour les réfugiés en Europe, la reprise d'un cursus universitaire interrompu par la guerre et l'exil est au centre d'un projet-pilote dont le Conseil de l'Europe prépare le lancement en Grèce.

L'enjeu est de doter les pays d'accueil d'outils communs pour permettre à des jeunes, que les conflits et l'exil ont privés de preuves de leurs parcours universitaires, de reprendre leurs études et faire jouer les équivalences, explique à l'AFP Sjur Bergan, responsable du projet pour le Conseil de l'Europe.

Sur la base d'un programme mis au point en Norvège, l'idée est de doter les intéressés d'un "passeport", délivré par une commission de deux membres chargés de certifier leur parcours universitaire.

Au côté de la Grèce, la Norvège, l'Italie et le Royaume-Uni sont impliqués dans ce projet, via leurs agences nationales de reconnaissance académique.

A charge ensuite pour le Conseil de l'Europe de persuader les systèmes universitaires des pays d'accueil d'ouvrir leurs portes aux possesseurs d'un tel laissez-passer. Y compris en Turquie, membre du Conseil de l'Europe, et plaque tournante des flux migratoires vers l'Europe.

Faute d'harmonisation au niveau de l'UE, "pour le moment, les situations varient d'un pays à l'autre", note M. Bergan.

Certains systèmes universitaires sont en pointe dans l'accueil, comme en Allemagne, et d'autres quasi-inaccessibles, notamment dans certains pays d'Europe de l'Est.

Or acculer la partie la plus jeune et dynamique des réfugiés à la "passivité" et à la perte de compétences est le meilleur moyen d'enclencher un cercle vicieux empêchant l'intégration, met en garde M. Bergan.

Principale entrée en Europe du flux de réfugiés et migrants, notamment Syriens, ayant afflué en 2015, la Grèce est jusque là dans ce cas de figure, l'accès à son système universitaire étant verrouillé par un concours national à l'issue du cursus secondaire.

S'il a choisi de rester en Grèce en refusant une relocalisation en Roumanie, Adel, 21 ans, est du coup contraint de prendre son mal en patience pour reprendre ses études, de finance, interrompues quand il a fui Alep en 2014. Il trompe l'attente en suivant des cours de grec payants à l'université d'Athènes.

D'où la volonté affichée par le ministère grec de trouver une solution. "Il s'agit de mieux intégrer ceux voués à rester en Grèce", mais aussi de faire gagner du temps à ceux destinés à être relocalisés dans le reste de l'UE, souligne une responsable, Tipa Kaisari.

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