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04/11/2016 03:34 EDT | Actualisé 05/11/2017 01:12 EDT

Un condamné à mort dans l'Alabama obtient un sursis in extremis

Un condamné à mort qui devait être exécuté jeudi dans l'Etat américain de l'Alabama a obtenu un sursis de dernière minute de la Cour suprême à Washington.

Thomas Arthur, 74 ans, devait recevoir une injection létale dans sa prison d'Altmore à 18H00 (22H00 GMT).

Mais l'exécution a été in extremis suspendue par une décision de la Cour suprême des Etats-Unis, à la majorité des huit juges.

Le président conservateur de la haute cour, John Roberts, a expliqué qu'il ne pensait pas que cette affaire présentait "les critères habituels pour entraîner une suspension".

Toutefois, constatant que quatre autres juges souhaitaient examiner le dossier sur le fond, il a "par courtoisie" voté pour accorder un sursis à M. Arthur.

Thomas Arthur a passé des décennies dans le couloir de la mort d'une prison de l'Alabama, Etat du sud du pays, après avoir été reconnu coupable d'un meurtre commis en 1982.

"Tommy" Arthur avait tué un homme, Troy Wicker, dont la femme était devenue sa maîtresse. Celle-ci avait promis 10.000 dollars à son amant afin qu'il assassine son mari. Le condamné s'est toujours affirmé innocent.

Au fil des années, pas moins de six dates d'exécution ont été fixées pour M. Arthur qui, à chaque fois, est parvenu à obtenir un sursis. Cette fois-ci, il s'agit du septième sursis.

"Nous sommes profondément soulagés par la décision de la Cour suprême d'accorder ce sursis et nous espérons désormais avoir l'occasion de présenter le bien fondé des arguments de M. Arthur devant la cour", a déclaré Suhana Han, principale avocate du prisonnier.

En saisissant la Cour suprême des Etats-Unis, les avocats de M. Arthur fondaient leurs espoirs sur un arrêt du 12 janvier de cette même juridiction qui avait conclu que le processus de condamnation à la peine de mort en Floride violait la Constitution, car donnant trop de pouvoir au juge au détriment des jurés.

Les conseils de M. Arthur exigent par ailleurs qu'il puisse bénéficier d'une méthode alternative à l'injection létale, très controversée après des récentes exécutions qui ont fait longuement souffrir les condamnés.

"M. Arthur a été condamné à mort par un juge de l'Alabama, sur la base d'une recommandation d'un jury non unanime, à l'issue d'un processus de condamnation à la peine capitale qui présente les mêmes défauts criants que celui en Floride", ont écrit les avocats dans leur recours.

Le rythme des exécutions est en baisse aux Etats-Unis, en raison d'une conjonction de facteurs défavorables à la peine de mort, dont une pénurie des substances utilisées pour les injections létales.

seb/faa