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04/11/2016 07:58 EDT | Actualisé 05/11/2017 01:12 EDT

Maroc: report du procès de deux mineures accusées d'homosexualité

Le procès de deux mineures, poursuivies par la justice marocaine pour homosexualité, a été reporté au 25 novembre à la demande de la défense, a-t-on appris vendredi auprès de celle-ci et de l'Association marocaine des droits de l'Homme.

Le juge du tribunal de première instance de Marrakech (centre) "a décidé de reporter le procès au 25 novembre pour que la défense puisse bien préparer le dossier", a indiqué à l'AFP Omar Arbib, représentant local de l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH).

L'un des avocats de la défense, Me Rachid Al Ghorfi, a confirmé à l'AFP le report.

Les deux jeunes filles, âgées de 16 et 17 ans, avaient été arrêtées le 28 octobre après avoir été surprises sur le toit d'une maison en train de s'embrasser et de s'enlacer. Elles avaient été dénoncées à la police par l'une des deux familles. Détenues pendant une semaine, elles ont été remises en liberté provisoire jeudi.

Le Maroc, un pays de 35 millions d'habitants tiraillé entre conservatisme religieux et ouverture sur l'Occident, a connu plusieurs controverses liées au moeurs ces dernières années. Mais c'est la première fois qu'un cas impliquant des femmes homosexuelles (et non des hommes), qui plus est mineures, défraie ainsi la chronique.

"Nous avons demandé le report du procès afin de bien se préparer parce que plusieurs avocats ont demandé à rejoindre la défense depuis le début de l'affaire", a indiqué à l'AFP l'un de leurs avocats, Rachid Al Ghorfi.

"Leur défense est composée maintenant de dix avocats", a-t-il précisé.

Le code pénal marocain criminalise "les actes licencieux ou contre-nature avec un individu du même sexe". L'homosexualité y est punissable de six mois à trois ans de prison.

Dans un communiqué, une vingtaine d'associations et collectifs, dont l'AMDH, ont condamné l'arrestation des deux jeunes filles, ainsi que "les mauvaises conditions (de détention) et les mauvais traitement durant toutes les étapes de l'affaire".

Elles "ont été sévèrement battues par certains membres de leur famille avant d'être remises à la police, et ont été privées de nourriture pendant trois jours. L'une d'entre elles a été forcée de signer le rapport de police sous la pression et sans être autorisée à en voir le contenu", selon ces associations, qui citent des "sources concordantes".

Ces arrestations "vont à l'encontre des engagements internationaux du Maroc en termes de droits humains", ont déploré ces associations, qui ont demandé aux autorités de "cesser de poursuivre les personnes en raison de leur orientation sexuelle et l'abolition de l'article 489 du Code pénal" criminalisant l'homosexualité.

Vendredi, en référence à cette affaire, la romancière franco-marocaine Leïla Slimani, nouveau prix Goncourt, a appelé les Marocains à se rebeller contre "une législation moyenâgeuse" qui les maintient "sous une chape de plomb".

hba/iw