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04/11/2016 12:23 EDT | Actualisé 05/11/2017 01:12 EDT

Le vent semble tourner vers l'ouest pour l'industrie éolienne gaspésienne

Ce virage vert représente des investissements de près de 15 milliards de dollars, une manne dont ces entreprises entendent profiter au moment où l'industrie éolienne s'essouffle au Québec.

« Qui aurait cru? », s'étonne Jean-François Nolet, vice-président des politiques publiques et communications de l'Association canadienne de l'énergie éolienne, qui est en congrès à Calgary. « L'image de l'Ouest canadien est associée aux sables bitumineux et au gaz naturel, loin des énergies renouvelables », dit-il.

L'énergie éolienne a la réputation d'être coûteuse au Québec, une perception que Jean-François Nolet fait voler en éclats.

L'éolien est la forme de production d'électricité la moins chère actuellement pour l'ensemble du Canada, à part le charbon et le gaz naturel. C'est une source d'énergie propre et renouvelable, produite à très faible coût.

Jean-François Nolet, vice-président des politiques publiques et communications de l'Association canadienne de l'énergie éolienne

M. Nolet se dit persuadé que le Québec et la Gaspésie pourront aller chercher leur part. « Le marché est ouvert en Alberta et en Saskatchewan, constate-t-il. Tout le monde est bienvenu. On ne verra pas d'exigences de contenus locaux comme on a vu au Québec. »

Selon M. Nolet, les grosses pièces telles que les tours ou les pales seraient peut-être plus accessibles pour les fabricants ontariens, mais la Gaspésie a beaucoup à offrir dans le secteur des pièces et composantes.

Il y a 10 000 pièces et composantes dans une éolienne.

Jean-François Nolet, vice-président des politiques publiques et communications de l'Association canadienne de l'énergie éolienne

Le porte-parole de l'Association canadienne de l'énergie éolienne prévoit que des entreprises comme LM Glasfiber de Gaspé et Marmen à Matane pourraient décrocher des contrats. « Il y a énormément d'expertise au Québec, en développement de projets, pour les services et l'entretien notamment », rappelle-t-il.

Énergies renouvelables pour les édifices fédéraux

Par ailleurs, la ministre de l'Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, a profité du congrès pour annoncer que tous les édifices fédéraux du pays seront alimentés à l'énergie renouvelable d'ici 2025.

Selon Jean-François Nolet, le gouvernement fédéral envoie un message très fort aux provinces, lui qui a été « absent depuis 10 ans dans les questions d'énergies renouvelables et de changements climatiques ».

Pesca-Environnement déjà en Alberta

La firme de services-conseils Pesca-Environnement, basée à Carleton-sur-Mer, a une longueur d'avance puisqu'elle ouvre un bureau à Calgary, en Alberta. L'entreprise souhaite assister la clientèle de l'Ouest canadien dans le développement de ses projets éoliens.

La présidente-directrice générale, Marjolaine Castonguay, estime que Pesca a beaucoup à apporter, avec ses 10 ans d'expertise.

On est accueillis à bras ouverts à Calgary et on est prêts à répondre aux appels d'offres. Notre souci, c'était d'être prêts.

Marjolaine Castonguay, présidente-directrice générale de Pesca-Environnement

Pour assurer son implantation en Alberta, Pesca s'associe avec la firme québécoise Biofilia qui offre des services de consultation en environnement. Celle-ci est installée à Calgary depuis deux ans.

Mme Castonguay mentionne que Pesca-Environnement veille à ce que les sites ciblés pour la construction de parcs éoliens soient adéquats, tant du point de vue physique que biologique.

Par exemple, elle vérifie la présence d'espèces rares qui pourraient obliger le déplacement d'éoliennes.

On se préoccupe surtout d'acceptabilité sociale. On démystifie cette industrie auprès du public. On a bâti 88% des projets au Québec, alors on est à même de témoigner de notre expérience.

Marjolaine Castonguay, présidente-directrice générale de Pesca-Environnement

Mme Castonguay ajoute que l'entreprise prévoit créer une cinquantaine d'emplois en 10 ans à Calgary et Régina.