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04/11/2016 10:42 EDT | Actualisé 05/11/2017 01:12 EDT

Le programme Ariane 6 confirmé par l'Europe spatiale

Le Conseil de l'Agence spatiale européenne a confirmé le programme Ariane 6, qui vise à doter l'Europe d'une fusée compétitive, pour faire face à une concurrence internationale accrue dans ce secteur, a annoncé vendredi l'ESA.

Cette réunion, jeudi à Paris, a été précédée par des discussions difficiles autour d'une demande de l'Allemagne de pouvoir fabriquer elle aussi, sur son territoire, des éléments des propulseurs d'Ariane 6, alors que l'Italie possède déjà une ligne de fabrication pour ce type d'éléments.

"Ces négociations intenses ont été clôturées jeudi, au travers d'un accord entre l'Italie, l'Allemagne, la France et l'ESA", a déclaré à l'AFP Daniel Neuenschwander, directeur des lanceurs à l'ESA.

L'Allemagne a obtenu une seconde ligne de production pour l'enveloppe des propulseurs à poudre, en sus de la production par l'Italien Avio.

C'est l'entreprise bavaroise OHB, qui entend utiliser une nouvelle technologie carbone, qui fabriquera ces enveloppes.

Cet accord entre les principaux contributeurs d'Ariane 6 et l'ESA a permis au Conseil de l'agence de confirmer dans la foulée le programme Ariane 6.

"Nous avons trouvé une solution. Cela nous permet d'aller de l'avant. C'est le point clef", relève Daniel Neuenschwander.

"C'est une super nouvelle pour l'Europe qui a été capable de s'entendre", a déclaré à l'AFP Geneviève Fioraso, ex-ministre française de la Recherche qui a beaucoup oeuvré à l'accord européen sur Ariane 6 il y a deux ans.

En décembre 2014, l'Europe spatiale a décidé à Luxembourg de se doter d'un nouveau lanceur beaucoup moins coûteux que l'actuelle Ariane 5. L'objectif est de réduire les coûts de 50%.

Le premier vol d'Ariane 6 est attendu en 2020. La pleine capacité opérationnelle devrait être atteinte en 2023.

A elle seule, la France finance la moitié (52%) du programme Ariane 6. L'Allemagne est le deuxième contributeur (23%), suivie de l'Italie.

Le maître d'oeuvre d'Ariane 6 est la coentreprise Airbus Safran Launchers (ASL).

La décision du Conseil de l'ESA jeudi va permettre de débloquer prochainement la deuxième partie des fonds destinés à ASL.

L'ESA et ASL ont signé en août 2015 un contrat de 2,4 milliards d'euros pour le développement de la fusée. Un premier engagement d'environ 680 millions d'euros pour mener les premières actions a été versé.

Le reste des sommes (1,65 milliard d'euros) devrait pouvoir être débloqué après la réunion du comité industriel de l'ESA le 8 novembre, qui est supposé suivre les instructions du Conseil.

Pour répondre aux différents besoins des clients, la fusée va exister en deux versions.

Dotée de deux propulseurs, la version A62, avec une capacité d'emport de 5 tonnes, est destinée aux clients institutionnels. Avec ses quatre propulseurs, A64 aura une capacité d'emport de 10,5 tonnes et ciblera le marché des satellites commerciaux.

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