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03/11/2016 21:45 EDT | Actualisé 04/11/2017 01:12 EDT

Le Nicaragua, pays parmi les plus pauvres d'Amérique centrale

Le Nicaragua, où est organisée dimanche l'élection présidentielle, est dirigé depuis 2006 par un ex-guérillero sandiniste, Daniel Ortega, qui brigue un quatrième mandat, le troisième consécutif, avec sa femme comme vice-présidente.

- Dictature, révolution et guerre civile -

Indépendant de la couronne d'Espagne en 1821, le Nicaragua ne sera souverain qu'en 1838. De 1921 à 1933, le Nicaragua est occupé par les Etats-Unis. La résistance est dirigée par Augusto Sandino, assassiné en 1934. De 1936 à 1979, le pays vit sous la dictature de la dynastie des Somoza, dont le dernier représentant, Anastasio, est renversé en 1979 par la révolution sandiniste, dirigée par les frères Ortega: Daniel, qui sera élu président en 1984, et Humberto, chef des Armées.

La contre-révolution armée a démarré dès la fin 1981, soutenue par les Etats-Unis, inquiets de l'alignement du gouvernement de Managua sur Cuba et l'Union soviétique, et qui financent le mouvement des "contras" (contrarevolucionarios). L'effondrement de l'économie et la guerre civile qui met le pays à feu et à sang, décimant la jeunesse, aboutissent en 1990 à la déroute électorale des Sandinistes. En février, Violeta Chamorro, candidate de l'union nationale d'opposition (UNO), remporte la présidentielle avec 55% des voix. En avril, un cessez-le-feu définitif met fin à une guerre civile qui a fait quelque 50.000 morts.

- Tandem -

De retour au pouvoir en 2006, Daniel Ortega est réélu à la présidence en 2011, face à une opposition divisée. En 2014, la constitution est modifiée pour autoriser la réélection sans limitation de mandats du président, permettant à Daniel Ortega de postuler pour un troisième mandat consécutif. Il se présente sous la bannière du Front sandiniste de libération nationale (FSLN, gauche), en tandem avec son épouse Rosario Murillo, candidate à la vice-présidence.

Qualifié de "farce" par l'opposition, qui le boycotte, ce scrutin du 6 novembre suscite des inquiétudes jusqu'à Washington en l'absence d'observateurs internationaux -refusés par Ortega- et d'opposition réelle au président sortant.

- Un pays pauvre -

Avec 125.000 hectares cultivés dans le pays, le café est le principal secteur d'exportation du Nicaragua, générant 300.000 emplois saisonniers.

Au cours des dernières années, le Nicaragua a bénéficié d'une croissance dynamique, autour de 5% par an en moyenne depuis 2011, situant le pays dans la moyenne supérieure de la région.

Au coeur de l'Amérique centrale, le Nicaragua reste néanmoins l'un des pays les plus pauvres de la région avec 30% de ses 6 millions d'habitants vivant sous le seuil de pauvreté, selon la Banque mondiale (2014).

- Projet pharaonique contesté -

En projet depuis le début du XXe siècle, l'idée d'un canal reliant les océans Atlantique et Pacifique a été relancée ces dernières années, suscitant controverses et manifestations.

En 2013, le Nicaragua a accordé en toute opacité une concession à un groupe hongkongais pour construire et exploiter le futur canal. L'ouvrage, dont le budget est estimé à quelque 50 milliards de dollars, soit cinq fois le PIB du pays, devrait mesurer 270 kilomètres de long, trois fois plus que celui de Panama qu'il entend concurrencer.

Le chantier a été inauguré en décembre 2014, mais l'entreprise chinoise a annoncé un an plus tard que les travaux d'excavation et de construction des écluses n'allaient commencer que vers la fin 2016.

La polémique n'est pas éteinte. Mi-octobre 2016, la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) a appelé le Nicaragua à abandonner ce projet en raison des "graves" nuisances qu'il causerait à plus de 100.000 paysans, aux forêts et au plus grand lac d'Amérique centrale.

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