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04/11/2016 19:31 EDT | Actualisé 05/11/2017 01:12 EDT

L'ex-ministre Bachand nie avoir informé Michel Arsenault qu’il était sous écoute

En entrevue à ICI RDI, en marge du Forum de l'attractivité du Grand Montréal, M. Bachand a indiqué qu'il avait simplement signalé à M. Arsenault que le Fonds de solidarité FTQ faisait l'objet d'une enquête de la SQ, tel que rapporté par plusieurs médias à l'époque, et qu'il ne pouvait donc pas le nommer au conseil d'administration de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

J'ai dit : "voyons donc, Michel, vous êtes sous enquête". Le président d'une institution qui est publiquement sous enquête, pas sous écoute, tu ne le nommes pas évidemment dans un conseil d'administration d'une société d'État. Point, rien d'autre.

Raymond Bachand, ancien ministre des Finances du Québec

Raymond Bachand a indiqué qu'il n'avait eu vent de l'écoute électronique que quatre mois plus tard, de la bouche même de Michel Arsenault. « Dans mes consultations budgétaires, je rencontre Michel Arsenault avec André Sormany et au lieu de me parler d'économie, il me dit : "Je viens d'apprendre, M. Bachand, que la Sûreté du Québec m'a mis sous écoute" », a raconté l'ex-ministre.

Pour ce qui est des raisons motivant le député péquiste Stéphane Bergeron à insinuer qu'il ait pu dévoiler ces détails à M. Arsenault, Raymond Bachand juge qu'il s'agit plutôt d'une manœuvre politique dans un but précis. « Pour détourner le débat sur ce que lui a fait cinq ans plus tard, en appelant le directeur de la Sûreté du Québec, a-t-il laissé entendre. Je ne suis plus en politique, alors je suis un ballon facile, mais c'est effectivement pour des raisons de politique partisane. »

M. Bergeron était ministre de la Sécurité publique en 2013 et a demandé au directeur général de la SQ de l'époque, Mario Laprise, de faire la lumière sur les fuites médiatiques autour de l'enquête policière sur la FTQ. M. Bergeron aurait formulé cette demande à la suite d'une plainte venant, elle, de Michel Arsenault, président de la FTQ.

Dans une lettre datée de septembre 2013, M. Arsenault demandait « formellement [au ministre] de faire une enquête sur les fuites importantes d'informations émanant de la surveillance électronique dont [il a] fait l'objet dans le cadre du Projet diligence ».

Stéphane Bergeron a nié avoir donné la directive explicite à la SQ de viser des journalistes dans ses vérifications.

La SQ a confirmé jeudi avoir eu accès aux registres d'appels des journalistes de Radio-Canada Alain Gravel, Isabelle Richer et Marie-Maude Denis sur une période de cinq ans, soit du 1er novembre 2008 au 1er octobre 2013, en vertu d'un mandat obtenu en octobre 2013.

L'attaché de presse de Stéphane Bergeron a indiqué que malgré qu'il se soit lui-même retiré de ses fonctions de porte-parole de l'opposition en matière de sécurité publique, il maintenait sa version des faits.