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04/11/2016 09:27 EDT | Actualisé 05/11/2017 01:12 EDT

Colombie : l'ELN prévoit de libérer un otage la semaine prochaine

L'Armée de libération nationale (ELN) a déclaré vendredi qu'elle espérait libérer la semaine prochaine l'ex-député Odin Sanchez, dont la remise en liberté est exigée par le gouvernement pour entamer des pourparlers de paix avec cette guérilla, la seconde du pays.

"Nous espérons pour la semaine à venir", a déclaré le chef négociateur de l'ELN, Pablo Beltran, à l'antenne de Radio Caracol qui l'interrogeait sur la libération de M. Sanchez. Ce dernier s'est livré à cette guérilla en avril à la place de son frère, séquestré depuis environ trois ans dans la jungle et malade.

Le commandant Beltran, de son vrai nom Israel Ramirez, a affirmé qu'une "commission humanitaire" avait été formée, avec la participation de représentants des six pays garants du processus de paix, des délégations des deux parties et de l'Eglise catholique "pour procéder à la libération de ce monsieur, dans le respect des accords signés le 10 octobre dernier" lorsque la prochaine ouverture de négociations de paix avaient été annoncée.

Le gouvernement du président Juan Manuel Santos et l'ELN, en dialogues exploratoires depuis janvier 2014, avaient prévu de lancer ces pourparlers le 27 octobre, puis d'entamer formellement les discussions le 3 novembre en Equateur.

Mais le processus a été suspendu, le gouvernement exigeant la libération préalable de l'ex-député du Choco, département frontalier du Panama, très affecté par le conflit armé qui déchire la Colombie depuis plus d'un demi-siècle. L'ELN avait nié l'existence d'un arrangement en ce sens.

"Il y a eu une double interprétation des accords", a affirmé Pablo Beltran, en assurant toutefois que cela était "résolu à 90%" et qu'"en conséquence l'installation de la phase publique et le début des conversations semblent plus à portée de main".

Le chef négociateur s'est à nouveau refusé à précisé le nombre exact d'otages aux mains de l'ELN, réitérant qu'il y en a "très peu".

Selon l'ONG Pays Libre, qui lutte depuis 25 ans contre les enlèvements en Colombie, l'ELN détient au moins trois otages : M. Sanchez, le chef d'entreprise Octavio Figueroa et le médecin Edgar Torres.

Le complexe conflit armé colombien, qui au fil des décennies a impliqué plus d'une trentaine de guérillas d'extrême gauche, des milices paramilitaires d'extrême droite et les forces armées, a fait à ce jour plus de 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,9 millions de déplacés.

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