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03/11/2016 21:45 EDT | Actualisé 04/11/2017 01:12 EDT

Bureau de vote à domicile pour des seniors à l'influence cruciale en Floride

Appuyés sur leurs déambulateurs, des retraités parcourent les quelques mètres séparant la salle à manger du bureau de vote installé dans leur résidence en Floride. Dans cet Etat-clé âprement disputé, le vote des seniors est crucial pour la présidentielle américaine.

"Cette année, particulièrement, notre vote va vraiment compter. Il pourrait faire basculer d'un côté ou de l'autre", explique Pamela Parker, chargée des activités des 200 seniors qui vivent dans la résidence privée The Palace, dont 85% sont inscrits sur les listes électorales.

Pour être sûrs que les résidents puissent voter, notamment ceux souffrant de problèmes de mobilité, les autorités de Floride ont décidé d'ouvrir ce bureau dans un des salons cossus de l'établissement.

Depuis des mois déjà, la course à la Maison Blanche fait bruisser les couloirs de cet immeuble construit à Coral Gables, près de Miami. Après les soirées télévision organisées pour suivre les débats, qui ont vu les discussions animées parfois s'envenimer, les résidents comptent bien veiller tard pour suivre les résultats mardi soir.

Avec son doux climat et ses immenses plages, la Floride attire les retraités du pays par milliers. Les plus de 60 ans forment un puissant réservoir de votes dans cet Etat crucial où les candidats et leurs entourages multiplient les meetings. "Si nous gagnons la Floride, nous gagnerons cette élection", a encore martelé le président démocrate Barack Obama jeudi.

"Les électeurs plus âgés votent de façon disproportionnée en Floride", explique Daniel Smith, professeur de sciences politiques à l'université de Floride.

A moins d'une semaine du scrutin du 8 novembre, les seniors comptaient ainsi pour environ la moitié des quelque 4,5 millions de votes anticipés déjà déposés, alors qu'ils ne représentent qu'un peu plus d'un tiers (35%) des 13 millions d'électeurs de Floride, selon ce dernier.

De quel côté pourraient-ils faire pencher la balance?

Les votes anticipés ne seront dépouillés que le soir du scrutin, le 8 novembre, mais les analystes scrutent les appartenances déclarées à un parti des électeurs. A une semaine du vote, on dénombrait 100.000 républicains de plus que les démocrates parmi les retraités ayant déjà déposé leurs bulletins en Floride, selon Daniel Smith qui tient une base de données mise à jour quotidiennement.

- Première femme candidate -

"Ils ne votent pas tous pour Trump mais il y a incontestablement un grand enthousiasme pour Donald Trump", souligne-t-il.

Portant un autocollant "J'ai voté" sur sa chemise bleu pâle, Anne Sager, 89 ans, ne fait pas partie de ceux-là.

Cette retraitée assure vouloir défendre le droit à l'avortement, et s'assurer que ce seront les démocrates, sous une présidence Clinton, qui pourront désigner les prochains juges à la Cour suprême, haute instance à l'importance décisive sur les questions majeures de société aux Etats-Unis.

C'est une élection "terriblement importante", dit cette ancienne maire de la ville de Sarasota, 50.000 habitants, dans les années 1980. "Probablement la plus importante que j'ai connue de mon vivant".

Heureuse de pouvoir voter pour la première fois pour une femme à la présidentielle, elle met en avant l'expérience d'Hillary Clinton, ancienne secrétaire d'Etat. "Il s'agit vraiment d'un choix entre une responsable publique expérimentée et... un programme dont on ignore le contenu", juge-t-elle.

Alors que les seniors ailleurs en Floride penchent pour Donald Trump, les résidents de The Palace opteraient plutôt pour Hillary Clinton, selon Pamela Parker, qui préfère ne pas révéler sa propre préférence.

A 93 ans, Rae Graham elle ne fait pas de mystère: elle porte un T-shirt décoré d'une multitude de portraits d'Hillary Clinton. "J'adore Hillary et je pense qu'elle fera une merveilleuse présidente", dit-elle, qualifiant son rival milliardaire de plusieurs épithètes tout aussi colorés que sa tenue.

Ici, les républicains se font discrets, comme cet homme qui ne donnera pas son nom et qui vient de voter. "Je ne peux pas parler, je dois y aller", lâche-t-il en riant, confiant que s'il est bien républicain, il ne votera pas pour Trump.

Le nom du magnat de l'immobilier fait en tout cas bondir Lee Adelson, 88 ans. "Il parle de construire un mur pour empêcher les Mexicains d'entrer", s'indigne-t-il. "Si Trump gagne, ce sont les Canadiens qui vont construire un mur pour empêcher les Américains d'entrer."

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