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04/11/2016 07:25 EDT | Actualisé 05/11/2017 01:12 EDT

Attentats de Paris: réouverture du Bataclan le 12 novembre avec Sting

Un an après l'irruption de jihadistes armés qui l'avait transformé en scène de tueries, la salle de concert parisienne du Bataclan va rouvrir le samedi 12 novembre avec le chanteur britannique Sting qui vient "honorer les victimes" et "célébrer la vie".

L'ancien meneur du groupe Police sera le premier artiste à se produire dans ce lieu où 90 spectateurs avaient été tués lors de la nuit sanglante du 13 au 14 novembre 2015. Tout a été refait à neuf et décoré à l'identique après huit mois de travaux en partie menés grâce à des bénévoles.

Sting jouera des morceaux de son dernier album "57th and 9th" et la recette de cette soirée sera reversée aux associations de victimes "Life For Paris" et "13 Novembre : Fraternité et Vérité", selon son site internet.

Nous devons "commémorer et honorer ceux qui ont perdu la vie dans l'attaque de l'année dernière, célébrer la musique et la vie que représente cette salle de spectacles mythique", écrit le musicien sur ce site.

"Il y a un vrai désir" de sa part, selon Jules Frutos, codirigeant du Bataclan. Côté sécurité, "on fera tout le nécessaire pour ce concert mais aussi pour les autres à venir, comme le font toutes les salles", a-t-il déclaré à la radio RTL, en évoquant notamment l'installation de systèmes de surveillance vidéo.

Le vendredi 13 novembre 2015, trois jihadistes avaient surgi pendant un concert du groupe de rock américain Eagles of Death Metal, pris les spectateurs en otages et fait un carnage. Au même moment, d'autres commandos armés semaient la mort sur des terrasses de cafés-restaurants dans des quartiers proches du Bataclan ou se faisaient exploser à l'entrée du Stade de France, en banlieue parisienne, où se déroulait un match de football France-Allemagne.

Au total, 130 personnes ont été tuées et plusieurs centaines blessées dans les pires attentats jamais commis en France.

Les attaques, revendiquées par le groupe Etat islamique (EI), ont traumatissé le pays et entraîné un virage sécuritaire en France, depuis en état d'urgence.

Un an plus tard, alors que la campagne électorale bat son plein dans la perspective de la présidentielle de 2017, le programme officiel des commémorations n'est pas encore connu.

L'association "Life For Paris" compte commémorer le drame "avec sobriété". Un rassemblement public est prévu à la mairie du 11e arrondissement de Paris, qui avait accueilli des blessés le soir de l'attaque.

Selon la mairie de Paris, une plaque sera également apposée le dimanche 13 novembre devant la salle de concerts qui restera fermée ce jour-là. "Ce sera un moment de recueillement, nous ne ferons rien. Chacun se recueillera comme il le souhaite", a confié Jérôme Langlet, président de la salle, lors d'une conférence de presse à Paris.

- 'Monstre sanguinaire' -

Le Bataclan devait initialement rouvrir le 16 novembre avec un concert, déjà complet, de l'enfant terrible du rock britannique Pete Doherty.

Le 25 novembre, sa compatriote Marianne Faithfull, qui vit à Paris, y interprétera pour la première fois "They Come at Night" ("Ils viennent la nuit"), une chanson qu'elle a écrite juste après l'attentat. "La musique peut panser les plaies, c'est pour cela que chanter au Bataclan est une bonne chose", a récemment déclaré à l'AFP cette figure mythique du "Swinging London".

Suivront le Sénégalais Youssou Ndour, les Touaregs Tinariwen, la Franco-israélienne Yael Naim et les Français FFF.

D'autres artistes ont en revanche décliné l'invitation, comme le chanteur français Francis Cabrel. "C'était trop d'émotion pour moi. Je m'en excuse mais c'est au-delà de mes forces", a-t-il expliqué dans une récente interview.

La salle du Bataclan, emblématique d'une jeunesse festive, a été longtemps après l'attentat un lieu de recueillement pour des foules d'anonymes. Au lendemain de l'attaque, de nombreux dirigeants comme l'Américain Barack Obama ou l'ex-Premier ministre britannique David Cameron, étaient venus sur place rendre hommage aux victimes.

Ces derniers mois, des blessés ou spectateurs traumatisés lors de l'attentat ont eu la possibilité de revenir sur les lieux.

"J'avais quitté un Bataclan monstre sanguinaire avec des dents qui essayaient de me bouffer", a raconté lors d'une de ces visites, en octobre, Caroline Langlade, vice-présidente de l'association "Life for Paris". "Et c'était juste une salle avec des murs où il s'est passé quelque chose de tragique. C'est pas le bâtiment qui est tragique".

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