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03/11/2016 03:40 EDT | Actualisé 04/11/2017 01:12 EDT

Yémen: les partisans du président manifestent avant l'arrivée du médiateur de l'ONU

Des milliers de partisans du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi ont manifesté jeudi dans le sud et le centre du pays contre le plan de l'ONU destiné à mettre fin à la guerre qui dure depuis 19 mois, selon des témoins.

Ces manifestations ont eu lieu peu avant l'arrivée dans la capitale yéménite Sanaa du médiateur des Nations unies Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, a indiqué un photographe de l'AFP.

Une manifestation a eu lieu à Aden à l'appel des autorités de cette grande ville du sud déclarée capitale provisoire du Yémen en lieu et place de Sanaa, contrôlée par les rebelles chiites Houthis.

Les manifestants ont parcouru les rues de la cité portuaire en arborant des banderoles proclamant: "Non au plan Ould Cheikh" ou "Non aux initiatives qui consacrent le coup d'Etat".

Le président Hadi, exilé en Arabie saoudite, a rejeté dimanche ce plan de paix et refusé d'en recevoir une copie des mains de l'émissaire onusien.

Selon des sources proches du dossier, ce plan prévoit de nommer un nouveau vice-président après le retrait des rebelles de Sanaa et d'autres villes et la remise des armes lourdes à une tierce partie.

Le président Hadi transmettrait alors le pouvoir au vice-président qui nommerait un nouveau Premier ministre, chargé de former un gouvernement représentant équitablement le nord et le sud du Yémen. Les rebelles Houthis, originaires du nord, se plaignaient d'être marginalisés par les autorités centrales.

D'autres manifestations hostiles à ce plan se sont déroulées dans la ville de Marib, à l'est de Sanaa, et dans la province de Hadramout (sud-est), contrôlées par les forces loyalistes, ont rapporté des témoins.

Le président Hadi a estimé que le plan de paix était une "une feuille de route injuste car elle constitue une dérogation explicite à la résolution 2216 du Conseil de sécurité de l'ONU". Cette résolution prévoit le retrait des rebelles des territoires conquis depuis 2014, dont la capitale Sanaa.

Les Houthis exigent un arrêt des raids aériens que mène la coalition pro-Hadi conduite par l'Arabie saoudite depuis mars 2015 et la formation d'un gouvernement d'union nationale.

Le conflit, qui a généré une grave crise humanitaire, a fait près de 7.000 morts et 35.000 blessés, selon l'ONU.

Un responsable militaire a indiqué jeudi que huit rebelles et cinq soldats pro-Hadi avaient été tués dans des affrontements dans la province de Taëz (sud-ouest).

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