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03/11/2016 17:19 EDT | Actualisé 04/11/2017 01:12 EDT

Que lisent les auteurs du Salon du livre de Rimouski?

Voici les lectures que nous partagent Georges Langford, Renée Robitaille, Hélène Dorion et Rodney Saint-Éloi.

Pour voir ce qu'ils ont à nous présenter, cliquez sur les reliures des livres.

Leurs lectures plus en détails

NORMAND BAILLARGEON

Q : Le livre qui vous a le plus marqué, comme écrivain?

R : Paroles, de Jacques Prévert. Je sais bien que ce n'est ni un essai ni un livre de philosophie, mais c'est bien le livre qui a le plus compté dans ma vie.

Q : Le livre auquel vous revenez toujours, que vous consultez régulièrement?

R : Les œuvres complètes d'Aristote. Je le tiens en immense estime; son apport au savoir humain est gigantesque et probablement inégalé. Son éthique et nombre de ses idées en politique et en esthétique restent on ne peut plus stimulantes.

Q : Votre plus récente découverte?

R : Black Mirror, une télésérie qui est une dystopie politique sur les nouveaux médias. Très riche et bien écrite, elle donne beaucoup à réfléchir. Et s'il faut, cette fois encore, un livre-livre, j'irais avec : Peter Singer, Ethics in the Real World : 82 Brief Essays on Things That Matter, qui vient de sortir et que je suis en train de lire.

RENÉE ROBITAILLE

Q : Le livre qui vous a le plus marquée, comme écrivaine?

R : L'écume des jours, de Boris Vian : « Je l'ai lu à 17 ans. C'était la première fois que j'étais en contact avec un écrivain qui ne prenait pas la réalité au sérieux. Aujourd'hui, on dit de ce roman que c'est un conte. Rien à voir. Je pense qu'on a affaire à un auteur qui nous offre une fenêtre, sur l'une des nombreuses façons dont nous pouvons interpréter la vie et la réalité. »

Q : Le livre auquel vous revenez toujours, que vous consultez régulièrement?

R : La sagesse du Tao, Dr Wayne W. Dyer : « Ce sont des poèmes qui ont été écrits il y a plus de 2000 ans. J'aime les consulter, en lire différentes interprétations, m'interroger sur leur application dans ma propre vie. J'aime les lectures qui me proposent de nouvelles façons de voir la vie. »

Q : Votre plus récente découverte?

R : Panik, Geneviève Drolet : « C'est une histoire qui nous parle du territoire, du Grand Nord, des racines, des relations avec des gens qui ne nous ressemblent pas ou qui nous paraissent bizarres au premier abord. Puisque l'héroïne est obligée de cohabiter avec "un Yéti" dans ce petit village perdu au milieu de nulle part, elle finira par tisser des liens avec des gens qui vont la nourrir véritablement. C'est un livre où l'on dépeint l'adolescente avec beaucoup de doigté. »

GEORGES LANGFORD

Q : Le livre qui vous a le plus marqué comme écrivain?

R : Lettres de mon moulin, Alphonse Daudet : « Où la poésie et la prose ne font qu'un. Le local, l'universel. »

Q : Le livre auquel vous revenez toujours, que vous consultez régulièrement?

R : La poésie de Francis Jammes : « Une poésie des humains, mais aussi des animaux, de la nature, du monde, de la simplicité... »

La poésie de Gaston Miron : « Il y a du « nous autres » là-dedans, de l'ici même. »

Poèmes et chansons, de Georges Brassens : « On peut les apprendre par coeur, les jouer, les chanter... Une poésie vivante... Une référence en français parlé, écrit et chanté. »

Q : Votre plus récente découverte ?

R : Du bon usage des étoiles, Dominique Fortier : « Le plaisir de découvrir une nouvelle écriture. »

HÉLÈNE DORION

Q : Le livre qui vous a le plus marquée, comme écrivaine ?

R : Les Vagues, Virginia Woolf : « à la fois pour la force et la beauté de l'écriture et pour la manière qu'a l'auteure de nous plonger dans la conscience de ses personnages et de les relier pour créer une figure qui révèle différents angles de l'existence. Je dois avouer que je lis Les Vagues depuis plusieurs années, sans jamais l'avoir terminé ! De temps en temps, je lis quelques pages puis je referme ce livre que je ne veux pas finir ! »

Q : Le livre auquel vous revenez toujours, que vous consultez régulièrement?

R : Tous les poèmes de Rainer Maria Rilke, et en particulier Les Élégies de Duino : « Ces poèmes sont pour moi ce qu'il y a de plus proche du sentiment de saisir la totalité de l'expérience humaine à travers les mots. En même temps, une part demeure inaccessible, indéchiffrable, c'est l'énigme de notre présence au monde. L'œuvre de Rilke témoigne de la capacité des mots de créer de la présence, de dire ce menu détail auquel le poème se dédie. »

Q : Votre plus récente découverte?

Ce que dit l'écorce, Catherine Mavrikakis et Nicolas Lévesque : Un essai. Deux auteurs que je lisais déjà. Catherine Mavrikakis et Nicolas Lévesque, ont écrit l'oeuvre à quatre mains. J'ai trouvé dans ces textes ce que j'aime et attends d'un livre, une manière singulière de poser cette question nécessaire : comment sommes-nous vivants ? Réflexions fragmentées, pensée sensible, expérience intime ; dans cet ouvrage la philosophie interpelle la psychanalyse, la parole individuelle devient universelle, deux écritures denses et fluides racontent « notre antique amour du réel ».

RODNEY ST-ÉLOI

Q : Le livre qui vous a le plus marqué, comme écrivain?

R : Cahier d'un retour au pays natal du Martiniquais Aimé Césaire : « C'est le livre culte. J'ai l'impression d'avoir appris à lire et à écrire avec ce livre. Avec Césaire, j'apprends à regarder demain avec sérénité. J'aurais pu aussi dire côté roman, Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain. »

Q : Le livre auquel vous revenez toujours, que vous consultez régulièrement?

R : Tous les livres de Mahmoud Darwich : « Tous les jours, je lis cet auteur et le relis pour pouvoir préciser les directions de mon exil. »

Q : Votre plus récente découverte?

R : « Des auteures autochtones que je suis en train de lire et de relire. Ou encore de jeunes auteurs haïtiens qui bousculent mes horizons. J'ai besoin d'alcools forts et de sensations étranges pour pimenter le quotidien. C'est la littérature qui me donne les moyens de résister et de rester DEBOUT. »