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03/11/2016 13:52 EDT | Actualisé 04/11/2017 01:12 EDT

Opération séduction pour Melania Trump, en renfort sur le terrain

Melania Trump s'est rendue seule sur le terrain jeudi pour soutenir son mari et donner des gages aux femmes, remontées pour beaucoup contre Donald Trump, à cinq jours du scrutin présidentiel.

Depuis le couac de la convention républicaine, mi-juillet, et son discours plagié sur une allocution de Michelle Obama, Melania Trump était retournée en coulisses.

L'ancien mannequin d'origine slovène n'était plus apparue que pour quelques interviews télévisées, dont une pour défendre son mari en difficulté.

Jeudi, c'est accompagnée de la seule femme du colistier de son mari, Karen Pence, qu'elle s'est rendue à Berwyn, en Pennsylvanie, un Etat décisif électoralement, où elle a été accueillie par environ un millier de personnes.

Après avoir essayé les envolées à la convention, elle s'en est tenue, cette fois, à un discours simple et direct, résolument tourné vers les femmes et les mères de famille en particulier.

Se présentant comme une femme "indépendante", Melania Trump a assuré que son époux respectait les femmes et leur offrait "les mêmes opportunités" qu'aux hommes.

Le discours venait en contrepoint des déboires qu'a récemment rencontrés Donald Trump et qui ont dégradé son image auprès des femmes, déjà mauvaise.

- discours apaisé -

Le Washington Post a rendu public, début octobre, un enregistrement sonore datant de 2005, sur lequel il se vantait de toutes les audaces avec les femmes, sans leur consentement.

La révélation de ce document a incité plus de dix femmes à accuser publiquement le candidat républicain de comportements déplacés envers elles, allégations réfutées par le candidat républicain.

"C'est une bouffée d'air frais", s'est enthousiasmée Terry King, ravie.

Evoquant ses ambitions de Première dame, Melania Trump a affirmé qu'elle serait "un défenseur des femmes et des enfants".

"Elle a de la classe, elle est élégante, et elle parle vrai. C'est ça l'important", a résumé Maria Liacono, supportrice de la première heure de Donald Trump.

Beaucoup de femmes présentes voulaient croire que son implication nouvelle dans la campagne et son ton, différent de celui de son mari, pouvaient convaincre certaines de voter pour son mari.

"C'est un modèle", a estimé Renee Johnson, pour qui "elle a élevé un enfant fantastique", Barron Trump, âgé de dix ans.

Avec sa pointe d'accent, Melania Trump a été particulièrement ovationnée lorsqu'elle a évoqué son parcours d'immigrée légale aux Etats-Unis.

Elle a mentionné les "nombreux visas" par lesquels elle avait dû passer, avant d'obtenir la nationalité américaine, "le plus grand privilège au monde".

Globalement, elle a tenu un discours beaucoup plus apaisé et fédérateur que son mari.

"Nous devons nous traiter les uns les autres avec respect et gentillesse, même quand nous ne sommes pas d'accord", a-t-elle exhorté, avant de quitter les lieux, après une allocution de moins de vingt minutes.

"J'ai vraiment aimé le fait que le public ait écouté en silence lorsqu'elle a parlé de ce qu'elle voulait vraiment faire", a expliqué Debbie Tapia.

Melania Trump a livré très peu de détail sur ce qu'elle entendait concrètement entreprendre en tant que Première dame.

Elle semble vouloir notamment contribuer à la lutte contre le harcèlement des enfants, en particulier le cyber-harcèlement, mais n'a pas formulé de propositions précises.

Le numéro de charme a fonctionné sur le public présent, mais n'a pas joué sur l'opinion que les supporteurs présents avaient du candidat Donald Trump.

Toutes les personnes interrogées semblaient avoir déjà balayé depuis longtemps l'enregistrement de 2005 et les accusations de plusieurs femmes contre leur candidat.

"J'ai travaillé avec des hommes toute ma vie et j'ai tout entendu", a dit Rosalie Sine, retraitée alerte de 83 ans.

"Faire de ça un grand sujet... Regardez ce qu'a fait Bill Clinton lorsqu'il occupait la plus haute fonction", a-t-elle lancé. "Laissez M. Trump tranquille. Laissez-le faire son travail."

Quant aux accusations d'une dizaine de femmes, personne n'y accordait grand crédit.

"Je ne pense pas qu'il l'ait vraiment fait", a dit Carol Krus. "Sinon, ce serait sorti il y a longtemps."

"Je ne veux pas en entendre parler", a renchéri Rosalie Sine. "C'est trop tard."

tu/sha