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03/11/2016 07:47 EDT | Actualisé 04/11/2017 01:12 EDT

"Ne vous repliez pas", lance le chef de l'EI aux jihadistes de Mossoul

Le chef du groupe Etat islamique (EI), Abou Bakr al-Baghdadi, est sorti d'un an de silence pour exhorter ses troupes à lutter jusqu'au martyre pour défendre Mossoul face à l'offensive de plus en plus pressante des forces irakiennes.

"Ne vous repliez pas", lance une voix présentée comme étant celle de Baghdadi dans un message audio diffusé jeudi par Al-Furqan, un média affilié à l'EI. "Tenir ses positions dans l'honneur est mille fois plus aisé que de se replier dans la honte", assène-t-elle.

Baghdadi lance cet appel à la discipline à "tous les habitants de Ninive", la province où se trouve Mossoul, la plus grande ville jamais conquise par l'EI.

Il leur promet "la victoire" alors que les jihadistes sont en grande difficulté dans ce bastion vers lequel convergent depuis le 17 octobre et avec le soutien des frappes de la coalition internationale plusieurs dizaines de milliers de soldats et de policiers des forces de sécurité fédérales irakiennes ainsi que des combattants de la région autonome du Kurdistan.

Mossoul est la ville où Baghdadi, un Irakien né en 1971, avait proclamé en juin 2014 l'instauration d'un "califat", provoquant la stupéfaction dans le monde.

Depuis, il n'est plus réapparu en public et reste introuvable malgré les 10 millions de dollars offerts par les Etats-Unis pour sa capture. Sa précédente déclaration audio remonte au mois de décembre 2015.

La teneur du nouveau message "suggère que les chefs du groupe sont de plus en plus préoccupés par les défections et cherchent le moyen d'empêcher les militants de fuir le champ de bataille", estime Ludovico Carlino, un expert de IHS à Londres. Le moral est, selon lui, "bas" chez les "conscrits" de l'EI à Mossoul qui "sont forcés à se battre par une minorité de combattants idéologiquement plus déterminés".

- La Turquie visée -

Dans son nouveau message, qui n'est pas daté, Baghdadi incite aussi ses partisans à attaquer la Turquie voisine, qui dispose de troupes stationnées sur une base près de Mossoul et veut jouer un rôle dans l'offensive sur la ville. "Comme la Turquie est entrée sur la zone de vos opérations, attaquez-la" et "vengez-vous", lance-t-il.

A Mossoul, les forces irakiennes sont désormais positionnées à la périphérie après avoir pris pied dans un quartier du sud-est de cette ville du nord de l'Irak.

Les combats étaient entendus à Gogjali, à l'entrée est de la ville, où l'unité d'élite du contre-terrorisme (CTS) irakien consolidait ses positions, a constaté une journaliste de l'AFP.

Plus au sud, les 8.000 hommes de la 9e division progressaient sans rencontrer de forte résistance dans le village d'Ali Rash, à 8 km des portes de Mossoul, selon un journaliste de l'AFP.

"Devant la puissance de nos chars et de notre artillerie, les jihadistes ont pris la fuite ou bien ont été écrasés. L'ennemi a non seulement abandonné du terrain, mais il a aussi laissé derrière lui de l'équipement, des véhicules, des munitions", a indiqué leur commandant, le général Qassim Al-Maliki.

Il s'attend cependant à ce que les combats s'intensifient à Mossoul même, où entre 3.000 et 5.000 jihadistes seraient déployés, essentiellement dans l'ouest de la ville.

La France a annoncé jeudi avoir triplé le nombre de ses frappes aériennes en appui des forces irakiennes depuis le début de l'offensive, avec 63 attaques.

- 'Pieds nus' -

A Gogjali, une journaliste de l'AFP a vu un nombre croissant de civils se diriger vers les zones reconquises par l'armée, portant peu ou pas d'affaires personnelles.

"Des enfants sont arrivés pieds nus, sans assez de nourriture et d'eau", a indiqué Alvhild Stromme, de l'ONG Norwegian Refugee Council (NRC), l'une des plus actives en Irak. L'ONG Save The Children évalue à 600.000 le nombre d'enfants présents parmi les plus de 1,2 million de personnes à Mossoul.

Soulagé, Ahmed Khalil, 52 ans, raconte avoir été, avec sa femme et ses trois enfants, "assiégés" dans sa maison "pendant trois jours". "On n'a rien emporté avec nous à part du pain et de l'eau. On a tout laissé derrière nous".

Raed Ali, 40 ans, estime lui revenir "de la mort vers le monde des vivants" car "ça bombardait de partout".

Plus de 21.000 personnes ont fui vers les zones contrôlées par le gouvernement depuis le 17 octobre, tandis que des milliers d'autres pourraient avoir été prises par l'EI pour servir de boucliers humains, selon l'ONU.

Amnesty International a par ailleurs affirmé que des miliciens irakiens avaient mené des "attaques punitives" dans des villages au sud-est de Mossoul, en "représailles des crimes commis par l'EI".

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