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03/11/2016 04:26 EDT | Actualisé 04/11/2017 01:12 EDT

Le commissaire européen Oettinger s'"excuse" après des propos décriés sur les Chinois

Le commissaire européen allemand Günther Oettinger s'est "excusé" jeudi dans un communiqué pour ses propos controversés, notamment sur les Chinois, tenus fin octobre à Hambourg, qui ont provoqué un tollé en Allemagne et des critiques de Pékin.

"Je voudrais m'excuser pour toute remarque qui n'était pas aussi respectueuse qu'elle aurait dû", écrit M. Oettinger, plusieurs jours après avoir utilisé le terme péjoratif de "bridés" pour décrire les Chinois.

Ces propos, tenus lors d'une intervention devant des chefs d'entreprises, avaient été filmés par un participant et diffusés sur internet.

"J'ai eu le temps de réfléchir à mon discours, et je vois maintenant que les mots que j'ai utilisés ont créé du ressentiment et ont même pu blesser des gens", note le commissaire. "Cela n'était pas mon intention".

Günther Oettinger, actuel commissaire en charge de l'Economie numérique, est sur le point de prendre encore plus de responsabilités en récupérant le portefeuille du Budget au sein de l'exécutif européen, de nouvelles attributions sur lesquelles le Parlement européen sera amené à se prononcer.

Interrogé lors du point presse quotidien de la Commission européenne sur ce qui avait poussé M. Oettinger à finalement présenter des excuses, un porte-parole de l'institution a répondu que le président Juncker s'était entretenu mercredi au téléphone avec le commissaire allemand.

Un second entretien téléphonique entre les deux hommes est prévu vendredi, a-t-il ajouté.

"Le président voudrait avoir les explications du commissaire sur ce qu'il a dit exactement et comment il s'est mis dans une situation qui a nécessité le communiqué publié aujourd'hui", a expliqué le porte-parole Margaritis Schinas.

Günther Oettinger s'était dans un premier temps défendu sans s'excuser, expliquant au journal Die Welt qu'il s'agissait d'une "expression familière qui ne se voulait en aucun cas un manque de respect vis-à-vis de la Chine".

Dans son communiqué publié jeudi, M. Oettinger dit son "plus grand respect pour le dynamisme de l'économie chinoise".

"La Chine est un partenaire et un solide concurrent. C'est pourquoi nous avons besoin de jouer à armes égales, que les sociétés chinoises puissent acheter les sociétés européennes et que les sociétés européennes puissent acheter les chinoises (...) Il y a de l'espace pour s'améliorer de ce point de vue", explique le commissaire.

Pour M. Oettinger, son discours devant les chefs d'entreprises allemands était "franc et ouvert", un message destiné à "sonner l'alarme auprès du public allemand".

"Si les Allemands concentrent leur effort politique sur la baisse de l'âge de la retraite, l'augmentation des retraites, etc, personne ne doit s'étonner si nous perdons la bataille mondiale pour la compétitivité", estime-t-il.

"Nous devons fixer les bonnes priorités (...) Dans mon discours j'ai choisi certains exemples (et encore une fois toutes mes excuses si mes mots ont provoqué du ressentiment)", poursuit-il encore.

Dans ce même discours, M. Oettinger, membre du parti bavarois CSU, a non seulement égratigné les Chinois, mais aussi les femmes, le mariage homosexuel, ou encore l'ancien chancelier social-démocrate Gerhard Schröder.

Il s'en est également pris à la Wallonie, petite région francophone belge dont les exigences de clarté sur l'accord de libre-échange UE-Canada ont retardé de quelques jours la signature de ce dernier.

Ces remarques ont été "mal rapportées", selon M. Oettinger, saluant l'apport "actif" de la Wallonie à la "diversité politique et culturelle de l'Europe".

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