NOUVELLES
02/11/2016 21:26 EDT | Actualisé 03/11/2017 01:12 EDT

La présidente sud-coréenne menacée par une enquête sur un scandale politique

La présidente sud-coréenne Park Geun-Hye, aux prises avec un scandale politique retentissant, pourrait faire l'objet d'une enquête, a prévenu jeudi son ministre de la Justice, tandis qu'un ex-collaborateur de la chef de l'Etat était placé en garde à vue.

Mme Park essuie la colère grandissante de l'opinion dans cette affaire qui implique son ancienne confidente, soupçonnée de fraude et elle même placée en garde à vue.

Le taux de popularité de la présidente, dont le mandat expire dans un peu plus d'un an, est au plus bas.

En cause, une série de révélations selon lesquelles Mme Park se faisait conseiller pour la conduite des affaires de l'Etat par une amie de 40 ans, fille d'un mystérieux chef religieux, qui n'occupait aucun poste officiel et n'avait aucune habilitation en matière de sécurité.

Surnommée "Raspoutine" par les médias, Choi Soon-Sil, 60 ans, est soupçonnée d'avoir profité de ses entrées pour extorquer de l'argent aux principaux conglomérats du pays. Placée en garde à vue après son retour lundi d'Allemagne où elle avait fui en septembre, elle fait l'objet d'une demande d'arrestation formelle pour fraude et abus de pouvoir.

"Je crois que la présidente elle-même comprend la gravité de la situation", a déclaré le ministre de la Justice Kim Hyun-Woong au Parlement, cité par l'agence Yonhap.

"En fonction de la direction que prendra l'enquête actuelle, je vais étudier s'il est nécessaire et légalement possible d'enquêter (sur Mme Park) pour déterminer la vérité".

Aux termes de la Constitution sud-coréenne, un chef de l'Etat en exercice ne peut pas faire l'objet de poursuites pénales, sauf pour insurrection ou trahison.

On ignore dans l'immédiat s'il est cependant possible au parquet d'enquêter sur un chef de l'Etat en vue d'éventuelles poursuites après expiration de son mandat.

Mme Choi dément s'être servie de ses liens d'amitié avec la présidente pour contraindre des groupes comme Samsung à verser à des fondations de grosses sommes d'argent, utilisées ensuite à des fins personnelles, selon Yonhap.

Ahn Jong-Beom, collaborateur de la présidente, est soupçonné d'avoir aidé Mme Choi à obtenir les dons litigieux. Limogé dimanche, il a également été placé en garde à vue.

Mme Park, 74 ans, a tenté de surmonter la crise en faisant le ménage dans son entourage, y compris en limogeant son Premier ministre et deux de ses principaux ministres.

Elle espère élargir son gouvernement au-delà de son parti conservateur Saenuri, mais l'opposition dénonce un écran de fumée.

Jeudi, elle a également annoncé la nomination d'un nouveau chef du cabinet, Han Gwang-Ok, ancien collaborateur du président défunt Kim Dae-Jung.

ckp/ceb/ev/jac/ol

SAMSUNG ELECTRONICS