NOUVELLES
03/11/2016 18:48 EDT | Actualisé 04/11/2017 01:12 EDT

La cloche de Batoche retrouvée, entre les mains de la Nation métisse de l'Alberta

Le porte-parole du diocèse saskatchewanais de Prince Albert affirme que l'évêque Albert Thévenot a confié la garde de la cloche de Batoche à Audrey Poitras, la présidente de la Nation métisse de l'Alberta, il y a quelques mois.

Selon le porte-parole du diocèse Louis Hradecki, c'est Mme Poitras qui a la charge de l'objet de toutes les convoitises qui s'est mystérieusement volatilisé de la voûte du Centre du patrimoine à la Société historique de Saint-Boniface, à Winnipeg.

Les origines de la cloche ne sont pas claires aux yeux de tous. Les Métis du Manitoba et de la Saskatchewan soutiennent que la cloche provient de Batoche, en Saskatchewan, tandis que le conseil de bande de Frog Lake, une communauté située à 90 km à l'est d'Edmonton, affirme qu'il s'agit de celle qui a disparu de leur église en 1885.

La semaine passée, le directeur général du Centre du patrimoine Gilles Lesage a reçu une lettre de l'avocate représentant la Première Nation Frog Lake lui demandant où se trouvait l'artefact historique.

M. Lesage a répondu que la cloche, qui était sous la garde officielle de l'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM) n'était plus là, et qu'il « n'avait aucune façon de savoir où elle est ».

D'après lui, deux hommes sont venus prendre la cloche en disant qu'ils la rapportaient à Frog Lake. « Nous ne savions pas où elle allait, mais à l'époque, il semblait que le Diocèse de Prince Albert était parvenu à un accord sur l'appartenance de la cloche », concède-t-il.

Avant qu'un documentaire de CBC ne remette l'origine de la cloche en doute, l'artefact qui appartenait à l'UNMSJM était entreposé au Musée de Saint-Boniface. Les conditions d'emprunt y étaient strictes, souligne la directrice du Musée, Vania Gagnon.

« On avait une entente [avec l'UNMSJM] où certaines personnes devaient appeler soit le directeur du musée soit le chef de l'entretien pour venir chercher la cloche lorsqu'elle quittait [les lieux du Musée de Saint-Boniface] », explique-t-elle.

Lorsque la question autour de l'appartenance de la cloche a été lancée, la Première Nation de Frog Lake a déposé une déclaration auprès de la Cour du Banc de la Reine de l'Alberta pour le rapatriement de la cloche. « D'après nos informations et des documents historiques, cette cloche est la cloche de Frog Lake », martèle l'avocate Tina Dion, qui représente la Première Nation albertaine.

Mme Dion déclare qu'une réunion a été convoquée en mars 2015 entre son client, l'évêque Thériault du diocèse albertain de Saint-Paul et l'évêque Thévenot du diocèse saskatchewanais de Prince Albert, où se trouve la paroisse de Batoche.

Selon l'avocate Tina Dion, les parties présentes à la réunion ont signé une entente selon laquelle la cloche serait entreposée dans un local sécuritaire appartenant à une tierce partie désignée d'un commun accord, jusqu'à ce que la question de l'appartenance soit résolue de manière satisfaisante.

La voûte du Centre du patrimoine à la Société historique de Saint-Boniface a été choisie par les deux parties.

Mme Dion dit que la Première Nation de Frog Lake a reçu un appel contradictoire de la part de Gilles Lesage, disant que les évêques Thérault et Thévenot ont autorisé la remise de la cloche historique à l'UNMSJM et à sa présidente, Paulette Duguay.

Quant aux prochaines étapes, « premièrement, nous allons prendre les mesures nécessaires pour retrouver la cloche et ensuite, trouver un local sécurisé pour l'entreposer », énumère Tina Dion.

Pour ce qui est d'un possible appel à la police, Mme Dion note que « nous explorons nos options, mais nous sommes quand même engagés dans une poursuite judiciaire active. Alors nous envisageons les prochaines mesures judiciaires à prendre, mais selon les directives du client, notre priorité est de localiser la cloche et assurer sa sécurité. »