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03/11/2016 03:11 EDT | Actualisé 04/11/2017 01:12 EDT

La bataille des prestations de serment de députés hongkongais devant la justice

Deux nouveaux députés hongkongais favorables à un divorce avec la Chine doivent être empêchés d'occuper leur siège, ont fait valoir jeudi devant la justice les avocats du gouvernement de l'ancienne colonie britannique.

Le Conseil législatif (LegCo) est depuis trois semaines le théâtre de scènes de chaos dues au rejet de la prestation de serment des deux indépendantistes, au motif qu'ils s'étaient drapés dans une bannière proclamant que "Hong Kong n'est pas la Chine".

Yau Wai-ching et Baggio Leung avaient également refusé de prononcer correctement le mot Chine, et utilisé des termes péjoratifs.

Le gouvernement a déposé contre eux un recours pour demander à la Haute cour de les disqualifier.

Alors que certains craignent que Pékin n'intervienne dans la polémique, l'avocat du gouvernement a assuré que celui-ci n'avait pas demandé à la Chine d'intervenir. "Cette question doit être réglée (...) au sein de l'institution judiciaire", a déclaré Benjamin Yu.

Le chef du gouvernement avait dit en début de semaine qu'il ne pouvait exclure que la Chine se mêle de l'affaire.

D'après la presse locale, le comité permanent de l'Assemblée nationale populaire chinoise (ANP, Parlement), pourrait publier lundi une "interprétation" de la loi fondamentale hongkongaise dans le cadre de cette affaire.

Mais M. Yu a déclaré que le gouvernement n'en avait pas eu confirmation.

Il a fait valoir que Baggio et Yau ne devaient pas être autorisés à rentrer au LegCo car ils n'avaient pas prêté allégeance à Hong Kong en tant que "partie inaliénable de la Chine" lors de la cérémonie de prestation de serment.

Hong Kong jouit d'une semi-autonomie, en vertu du principe "Un pays, deux systèmes", qui avait présidé à sa rétrocession en 1997 à Pékin. Mais de nombreux Hongkongais pensent qu'un durcissement de la mainmise chinoise est à l'oeuvre.

Les législatives de septembre ont débouché sur l'élection d'une poignée de candidats demandant une plus grande autonomie vis-à-vis de la Chine, deux ans après les grandes manifestations prodémocratie de l'automne 2014.

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