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03/11/2016 06:46 EDT | Actualisé 04/11/2017 01:12 EDT

Kirghizstan : un nouveau gouvernement avant un référendum controversé

Un nouveau gouvernement a été formé jeudi au Kirghizstan, à un mois d'un référendum sur une révision constitutionnelle controversée qui renforcerait les pouvoirs du Premier ministre dans cette ex-république soviétique d'Asie centrale.

Le précédent gouvernement, que dirigeait Sooronbaï Jeenbekov, avait présenté sa démission la semaine dernière après la dissolution de la coalition au pouvoir à la suite du retrait du Parti social-démocrate du Kirghizstan (SDPK) du président Almazbek Atambaïev.

M. Jeenbekov a toutefois gardé son poste de Premier ministre et va diriger le nouveau gouvernement constitué de représentants de trois partis politiques, parmi lesquels le SDPK, a annoncé jeudi le parlement kirghiz dans un communiqué.

Le SDPK avait quitté le 24 octobre la coalition au pouvoir, composée jusqu'alors de quatre partis, expliquant sa décision par le refus de certains de ses membres de soutenir des modifications de la Constitution.

Le référendum sur la révision constitutionnelle visant à accroître les prérogatives du Premier ministre doit se dérouler le 11 décembre au Kirghizstan.

Cette réforme est très critiquée par l'opposition qui redoute qu'elle ne permette au président Atambaïev de rester au pouvoir en devenant Premier ministre, n'ayant pas le droit de se représenter à l'élection présidentielle, en 2017.

Le chef de l'Etat kirghiz affirme toutefois ne pas avoir l'intention de prendre la tête du gouvernement et soutient cette révision constitutionnelle, estimant au contraire qu'elle est nécessaire pour empêcher l'arrivée au pouvoir de dirigeants autoritaires.

Chassé du pouvoir en 2005 par une révolution, l'ancien président kirghiz Askar Akaïev était resté à la tête de son pays après la chute de l'URSS, fin 1991.

Son successeur, Kourmanbek Bakiev, a lui aussi quitté le pouvoir après une révolution, en 2010, une année marquée par de sanglants affrontements ethniques entre Kirghiz et la minorité ouzbèke, principale cible des attaques.

Le Kirghizstan a ensuite élu pacifiquement M. Atambaïev, qui suit depuis une politique prorusse dans le but de développer l'économie de ce pays de six millions d'habitants, l'un des plus pauvres de la région.

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