POLITIQUE
03/11/2016 02:18 EDT | Actualisé 03/11/2016 02:18 EDT

Le monde politique préoccupé des allégations de fraude à la SIQ

Les échanges se sont déroulés à couteaux tirés lorsque les révélations d'Enquête au sujet d'allégations de fraude impliquant la Société immobilière du Québec (SIQ) et des collecteurs de fonds du Parti libéral du Québec (PLQ) ont surgi à la période des questions, jeudi à Québec.

Un texte de Mathieu Dion

« Combien d'argent sale de cette fraude historique s'est retrouvé dans les coffres du Parti libéral? », a tonné Agnès Maltais, porte-parole du Parti québécois (PQ) en matière d'éthique et d'intégrité. Mme Maltais a exigé du premier ministre le déclenchement d'une vérification sur son parti.

Malgré les questions répétées à l'endroit de Philippe Couillard, c'est le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, qui a pris la défense du gouvernement, se limitant à reprendre nos informations voulant que l'Unité permanente anticorruption poursuit son enquête et que le Directeur des poursuites criminelles et pénales étudie le dossier.

« Je trouve ça pitoyable parce qu'on est devant des principes absolument fondamentaux d'indépendance et de séparation des pouvoirs. Et on dit en pointant du doigt comme ça : allez-vous intervenir dans des enquêtes? », a répondu M. Coiteux.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux

En mêlée de presse un peu plus tard, son collègue Carlos Leitao s'est dit plus inquiet.

«Ce qui est montré dans ce reportage, c'est des transactions très troublantes et des cas de fraudes majeures.»

- Carlos Leitao, ministre des Finances du Québec et président du Conseil du Trésor

S'il s'est fait avare de détails, M. Leitao a néanmoins affirmé que la SIQ a été avertie des problèmes en 2012 par la Sûreté du Québec et que des changements ont été mis en place depuis. L'année suivante, la SQI a fusionné avec Infrastructure Québec pour devenir la Société québécoise de l'infrastructure.

Que fait la Société immobilière du Québec?

La SIQ gère tous les bureaux du gouvernement du Québec, sauf les espaces des réseaux de la santé et de l'éducation. Il s'agit d'un million de mètres carrés d'espace.

Quelle est la nature de la fraude alléguée?

Le pdg de la SIQ de 2003 à 2008, Marc-André Fortier, et les collecteurs de fonds libéraux William Bartlet, Franco Fava et Charles Rondeau auraient fraudé l'institution pour deux millions de dollars entre 2004 et 2006. Il s'agirait de la plus importante fraude dans une société d'État de l'histoire du Québec, selon le lieutenant à la retraite de l'UPAC Christian Plourde.

Cliquez ici pour consulter l'enquête complète.

Un lien à clarifier entre Bartlet et Couillard

Le chef du PQ, Jean-François Lisée, est d'avis que ces allégations viennent s'ajouter à un dossier « qui était déjà extrêmement épais ». Aux dires de M. Lisée, le premier ministre devra répondre à de nombreuses questions.

« Ce sont des personnes qui étaient très proches du Parti libéral », a-t-il remarqué, soulignant que l'une d'entre elles – William Bartlet, en l'occurrence – avait travaillé comme organisateur de M. Couillard lorsqu'il s'est fait élire pour la première fois dans la circonscription de Jean-Talon. Ces gens « étaient des rouages essentiels du Parti libéral de l'époque; où sont-ils maintenant? », a-t-il demandé.

Peu surpris par ces allégations, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a invité Philippe Couillard à admettre ce qu'il savait dans ce dossier. « Il faut qu'il arrête de dire que le ménage a été fait, que tout est réglé, a-t-il affirmé. De toute évidence – au moins à la SIQ –, on n'est pas allé au fond du dossier. »

Le porte-parole de la CAQ en matière d'efficacité de l'administration publique, Éric Caire, s'est d'ailleurs interrogé en chambre sur la nature exacte des liens entre MM. Couillard et Bartlet.

Tous les partis ont dit vouloir attendre la diffusion du reportage télévisée d'Enquête jeudi soir avant de faire des propositions.

Suivez-nous sur Twitter

INOLTRE SU HUFFPOST